L'Organisation météorologique mondiale (OMM) a lancé une alerte majeure concernant le phénomène climatique El Niño, dont l'intensité exceptionnelle pourrait dépasser toutes les données enregistrées au cours des quatre dernières décennies. Ce cycle naturel, qui devrait atteindre son paroxysme à la fin de l'année, menace de désorganiser durablement les régimes de précipitations et de températures mondiaux, avec des répercussions attendues jusqu'au début de l'année 2027.
Une probabilité quasi certaine de persistance
Les prévisions de l'agence onusienne indiquent une probabilité proche de 100 % que le phénomène se maintienne au moins jusqu'en février. Ce niveau de certitude est inédit dans les annales de l'organisation. Alimenté par des températures de surface anormalement élevées dans le Pacifique équatorial — avec des anomalies atteignant parfois plus de 8°C sous la surface océanique — El Niño est désormais classé comme un événement de très forte intensité, le degré le plus élevé sur l'échelle de classification de l'OMM.
Des risques accrus pour les secteurs vitaux
La cheffe de l'OMM, Celeste Saulo, a exhorté les autorités de gestion des catastrophes et les secteurs sensibles à se préparer sans délai. L'agriculture, la santé, l'énergie et la gestion des ressources en eau sont particulièrement vulnérables face aux risques accrus d'inondations, de sécheresses prolongées et de vagues de chaleur extrêmes. Si El Niño est un phénomène naturel, les experts soulignent qu'il agit comme un amplificateur des effets du réchauffement climatique anthropique, poussant la planète dans une zone de danger climatique accrue.
Vers de nouveaux records de chaleur
L'impact thermique d'El Niño ne se limite pas à sa phase active. En raison de la lenteur avec laquelle les océans libèrent leur chaleur dans l'atmosphère, les conséquences sur les températures globales se feront sentir bien après le pic de l'événement. Après une année 2024 déjà marquée par des records de chaleur, l'OMM prévient qu'il ne faudrait pas s'étonner de voir ces seuils être à nouveau franchis. Les modèles prévisionnels pour la période de septembre à novembre confirment une tendance à des températures supérieures à la normale sur la quasi-totalité des terres émergées, confirmant la trajectoire préoccupante de ce cycle climatique.