L'organisation de base du All Progressives Congress (APC) a publiquement interpellé la direction nationale du parti, le National Working Committee (NWC), concernant son silence face aux activités du ministre du Territoire de la capitale fédérale (FCT), Nyesom Wike. Ce dernier est accusé de chercher à fragiliser la cohésion des gouverneurs de l'APC à travers la mise en place d'une structure politique parallèle baptisée « Rainbow Coalition ».
Une menace pour la cohésion interne
Le président de l'organisation de base de l'APC, Mukhtar Tanimu Rabiu, a exprimé ses inquiétudes quant à une possible déstabilisation du Progressive Governors Forum (PGF). Selon le groupe, le ministre Wike, membre d'un parti d'opposition, reproduirait au sein de l'APC les méthodes qui ont, selon eux, conduit à la division du Parti démocratique populaire (PDP). L'organisation insiste sur le fait que le soutien affiché par le ministre à la réélection du président Bola Tinubu en 2027 ne doit pas servir de levier pour contourner les structures officielles et les intérêts des élus du parti.
Le bilan électoral de l'alliance G-5 remis en question
Pour contester la légitimité politique de Nyesom Wike, l'organisation de base de l'APC a rappelé les résultats électoraux de 2023 associés à l'ancien groupe des « G-5 » dont faisait partie le ministre. Le groupe souligne que trois des membres de cette alliance ont échoué lors des élections sénatoriales, tandis que la crédibilité électorale du ministre dans l'État de Rivers est vivement contestée. Cette analyse vise à démontrer que la « Rainbow Coalition » ne constitue pas un atout électoral indispensable pour le président Tinubu, contrairement aux affirmations du ministre.
Conflit d'intérêts et structures parallèles
Le cœur du désaccord réside dans la nature même de la coalition portée par Nyesom Wike. L'organisation de base de l'APC soutient que l'existence d'une structure non affiliée au parti crée un conflit d'intérêts majeur, particulièrement dans les États où les gouverneurs de l'APC doivent mener campagne. Le groupe rappelle que l'APC contrôle actuellement 31 des 36 États du pays, disposant ainsi d'un réseau institutionnel suffisant pour organiser la campagne présidentielle sans recourir à des alliances extérieures jugées déstabilisatrices. Les critiques pointent également des manœuvres visant à imposer des candidats locaux, comme dans l'État de Rivers, ce qui renforce les tensions avec les cadres actuels du parti.