L'or ne suffit pas : l'économiste Godfred Bokpin alerte sur la fragilité de la stabilité ghanéenne

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 21 lectures
L'or ne suffit pas : l'économiste Godfred Bokpin alerte sur la fragilité de la stabilité ghanéenne

L’économiste ghanéen Godfred Bokpin met en garde contre une stabilité macroéconomique du pays trop dépendante de l’or, dont les gains pourraient s’effondrer en cas de chute des prix mondiaux. Selon lui, une baisse de 40 % des cours pourrait anéantir les progrès économiques enregistrés en seulement six à huit mois, tout en soulignant les coûts environnementaux dévastateurs de l’exploitation minière.

Une croissance en trompe-l’œil, liée à l’or

Professeur de finance à l’Université du Ghana, Godfred Bokpin a tiré la sonnette d’alarme lors d’une intervention sur Joy FM, le 24 août. Il a souligné que les récentes performances économiques du pays reposaient largement sur le boom des prix de l’or, sans que les risques structurels ne soient suffisamment pris en compte. Selon ses analyses, une correction brutale des cours mondiaux, phénomène historique après des phases de forte croissance, pourrait balayer les gains enregistrés en un temps record.

Bokpin a également pointé du doigt la vulnérabilité persistante du Ghana face aux fluctuations des matières premières, malgré les apparences de stabilité. Pour lui, cette dépendance expose l’économie à des chocs externes majeurs, difficilement maîtrisables.

L’environnement sacrifié au profit de l’or ?

Au-delà des risques économiques, l’économiste a dénoncé les coûts environnementaux de l’exploitation aurifère. Il a critiqué le programme d’achat d’or local (DGPP), estimant que ses bénéfices à court terme se faisaient au prix de la destruction des forêts, des cours d’eau et des écosystèmes. Pour Bokpin, une croissance qui sacrifie l’avenir écologique du pays n’est pas une véritable avancée.

Il a appelé à une évaluation rigoureuse de la chaîne de valeur du secteur minier, intégrant non seulement les revenus en devises et l’accumulation de réserves, mais aussi les dommages irréversibles causés à l’environnement. Selon lui, le Ghana ne peut prétendre à un développement durable si sa prospérité repose sur l’épuisement de ses ressources naturelles.

Vers une stratégie économique plus résiliente ?

Face à ces constats, Bokpin a plaidé pour une refonte des indicateurs macroéconomiques, intégrant désormais les coûts sociaux et environnementaux de l’exploitation minière. Il a insisté sur la nécessité de réaliser des tests de résistance et des analyses de sensibilité pour évaluer la résilience de l’économie ghanéenne en cas de retournement des prix de l’or.

Pour l’économiste, les décideurs doivent dépasser les indicateurs traditionnels de croissance et adopter une vision à long terme, où la prospérité ne se mesure plus seulement en termes de PIB ou de réserves, mais aussi en termes de durabilité écologique et de justice sociale.

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