L'or du Ghana : une stabilité économique aussi fragile que les mines qui l'alimentent

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 24 lectures
L'or du Ghana : une stabilité économique aussi fragile que les mines qui l'alimentent

Un boom aurifère éphémère menace la stabilité macroéconomique du Ghana, selon l’économiste Godfred Bokpin. Le pays, dont les indicateurs économiques récents dépendent largement de l’or, pourrait voir ses gains s’effondrer en quelques mois si les cours mondiaux s’effondrent.

Une croissance en sursis, suspendue aux fluctuations des marchés

Les récentes améliorations des indicateurs macroéconomiques du Ghana, portées par l’envolée des prix de l’or, reposent sur des fondations fragiles. Godfred Bokpin, professeur de finance à l’Université du Ghana, met en garde : une baisse de plus de 40 % des cours mondiaux de l’or pourrait anéantir en six à huit mois les avancées célébrées par les autorités. « La stabilité macroéconomique dont on parle n’existerait plus que dans les manuels », a-t-il déclaré lors d’une intervention sur Joy FM.

Le programme d’achat d’or local : un pari risqué pour les réserves

Le Ghana mise sur son programme d’achat d’or local pour renforcer ses réserves de change, mais cette stratégie expose le pays à des chocs externes. Bokpin souligne que les prix des matières premières connaissent souvent des corrections brutales après des phases de forte croissance. Les décideurs politiques sont appelés à ne pas confondre cette embellie passagère avec une stabilité économique durable. Il recommande des tests de résistance et des analyses de sensibilité pour évaluer la résilience du pays face à un effondrement des cours.

L’or, un moteur économique à double tranchant

Au-delà des risques financiers, l’économiste pointe les coûts environnementaux de l’exploitation aurifère. La destruction des forêts, des cours d’eau et des écosystèmes, liée à une extraction souvent irresponsable, menace la durabilité à long terme du modèle économique ghanéen. Bokpin plaide pour une approche intégrant ces externalités dans l’évaluation de la performance du secteur, au-delà des seuls gains en devises ou en réserves.

Vers un modèle de croissance moins dépendant des matières premières

Pour éviter de reproduire les erreurs des décennies passées, le Ghana doit diversifier son économie et réduire sa dépendance aux produits primaires. L’économiste insiste : une croissance fondée sur l’exploitation intensive des ressources naturelles et la dégradation de l’environnement est par nature instable et insoutenable. Une refonte de la stratégie de développement s’impose pour ancrer la prospérité dans des secteurs moins vulnérables aux aléas des marchés mondiaux.

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