L’opposition nigériane se concentre depuis trop longtemps sur la remise en cause du certificat de Chicago du président Bola Tinubu, au détriment d’une stratégie globale capable de renverser le pouvoir avant les scrutins de 2027.
Une opposition focalisée sur un dossier de 1999
Le débat autour du certificat de Tinubu, initié en 1999 par l’avocat Gani Fawehinmi, revient régulièrement sur la scène politique. Malgré une décision de la Cour suprême qui a confirmé l’éligibilité du président, les partis d’opposition continuent d’en faire le fer de lance, espérant ainsi fragiliser le chef de l’All Progressives Congress (APC). Cette stratégie, jugée « inanité » par plusieurs observateurs, ne propose aucune alternative électorale concrète et laisse le champ libre à la coalition au pouvoir.
Des précédents autoritaires rappelés pour avertir
L’auteur du texte rappelle que les mouvements populistes qui accèdent au pouvoir peuvent rapidement basculer vers l’intolérance, citant les trajectoires de Joseph Kabila en République démocratique du Congo et de Yoweri Museveni en Ouganda. Il compare également la situation actuelle à celle du gouvernement de Goodluck Jonathan, où l’opposition bénéficiait d’une liberté d’expression réelle, avant que le même modèle ne se détériore sous le mandat d’un parti devenu dominant.
Le rôle potentiel des syndicats et des ONG
Pour contrer la domination du pouvoir, l’article propose une mobilisation massive de la société civile : syndicats comme l’Association des universités du Nigeria (ASUU) et les branches du National Labour Congress (NLC), organisations non gouvernementales, groupes étudiants, unions ethniques et organisations religieuses. Selon l’auteur, ces acteurs doivent reprendre le modèle de Gani Fawehinmi en surveillant les actions gouvernementales, en dénonçant les violations constitutionnelles et en portant les affaires devant les tribunaux.
Vers une nouvelle forme de contestation
Plutôt que de viser la destitution de Tinubu par le vote, l’auteur suggère que les opposants se recentrent sur la défense des droits civiques et la pression populaire. Il cite le militant Omoyele Sowore comme exemple de figure qui devrait revenir à une opposition de terrain, loin des ambitions présidentielles. La conclusion insiste sur le fait que, sans une stratégie collective et résiliente, l’élection de 2027 sera « déjà faite et poussière », laissant la porte ouverte à une gouvernance sans contre-pouvoirs effectifs.