Face à la multiplication des appels d'élus locaux en faveur d'un troisième mandat pour le président Mohamed Ould Ghazouani, la coalition de l'opposition mauritanienne tente de définir une stratégie commune. Ce débat, qui contrevient aux dispositions constitutionnelles limitant le pouvoir à deux mandats, fragilise désormais les perspectives de dialogue politique dans le pays.
Une coalition face à la remise en cause des règles constitutionnelles
Plus de quinze partis politiques de l'opposition se sont réunis en assemblée générale le 15 septembre pour structurer leur réponse face à la pression exercée par certains soutiens du pouvoir. Si les préoccupations liées à la dégradation du pouvoir d'achat des citoyens restent au cœur des priorités, la question du respect de la Constitution est devenue le point de crispation majeur. L'opposition rappelle avec fermeté que le cadre légal actuel interdit toute prolongation du bail présidentiel au-delà de deux mandats, une position que le chef de l'État lui-même avait affirmé respecter lors de ses précédentes interventions publiques.
Le dialogue politique sous tension
La persistance de ces appels à une révision constitutionnelle, qualifiés de « provocation » par certains responsables de l'opposition, menace directement la tenue du dialogue politique national. Abdoul Gourmo Lo, vice-président de l'Union des forces de progrès, souligne que les discussions avaient été suspendues précisément pour éviter que le sujet du troisième mandat ne vienne polluer les échanges. Le retour de cette thématique dans le débat public est perçu par les opposants comme une manœuvre orchestrée par des factions au sein du pouvoir hostiles à toute concertation.
L'attente d'une clarification présidentielle
La situation place le président Mohamed Ould Ghazouani devant une responsabilité politique immédiate. L'opposition attend désormais un signal clair du chef de l'État pour faire cesser ces campagnes publiques qui, selon elle, nuisent à la stabilité institutionnelle et à la confiance nécessaire à tout processus de dialogue. La capacité du président à désavouer ces appels ou, au contraire, son silence face à ces initiatives, déterminera la suite des relations entre le pouvoir et ses opposants, alors que le pays traverse une période de forte inflation et de difficultés économiques croissantes.