Une nouvelle enquête journalistique place le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu au cœur d'une controverse politique majeure à quelques semaines des élections législatives. Le dirigeant est accusé d'avoir occulté une mise en garde directe concernant une opération imminente du Hamas, transmise par les Émirats arabes unis quelques jours avant le 7 octobre 2023.
Une alerte émiratie au cœur des soupçons
Selon des révélations publiées par le quotidien Haaretz, le président des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed, aurait personnellement contacté Benjamin Netanyahu durant la dernière semaine de septembre 2023. L'objectif de cet échange était d'avertir le chef du gouvernement israélien qu'une opération d'envergure était en préparation par le mouvement palestinien. Cette information aurait transité par les canaux diplomatiques établis dans le cadre de la normalisation des relations entre les deux nations, après avoir été relayée par des intermédiaires au sein du Fatah.
La défense du cabinet face aux accusations
Face à ces allégations, le cabinet de Benjamin Netanyahu a réagi avec fermeté, qualifiant ces informations de « mensonge total ». Le Premier ministre nie catégoriquement avoir eu le moindre échange avec le dirigeant émirati à cette période. Cette ligne de défense s'inscrit dans une stratégie de communication plus large, le Premier ministre ayant précédemment soutenu que son entourage n'avait pas été en mesure de l'alerter suffisamment tôt le matin du 7 octobre, date à laquelle 1 221 personnes ont été tuées lors des attaques du Hamas.
Une pression politique accrue avant le scrutin
La publication de cette enquête a immédiatement été exploitée par l'opposition israélienne, qui conteste la légitimité du Premier ministre à quelques semaines du scrutin du 27 octobre. Gadi Eizenkot, ancien chef d'état-major et rival politique, a qualifié les explications du chef du gouvernement de « pathétiques », affirmant que ce dernier avait ignoré de multiples avertissements. De son côté, l'ancien Premier ministre Naftali Bennett a appelé au départ immédiat de Benjamin Netanyahu, estimant que sa responsabilité personnelle et directe dans la gestion de cette crise est désormais engagée. Ces tensions politiques interviennent dans un contexte de traumatisme national profond, marqué par une offensive israélienne à Gaza ayant entraîné un bilan humain extrêmement lourd.