Six mois après le début du nouveau mandat de Faustin-Archange Touadéra, le Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC) dresse un bilan sévère de l'action gouvernementale. L'opposition pointe du doigt une défaillance dans la fourniture des services sociaux de base et une gestion opaque des ressources minières, contrastant avec les discours officiels sur les progrès réalisés par le pays.
Le paradoxe des revenus aurifères
Le point central de la critique formulée par le porte-parole du BRDC, Martin Ziguélé, concerne la faible contribution du secteur minier au budget national. Alors que le gouvernement fait état d'une centaine de permis miniers actifs et d'une valeur annuelle d'exportation d'or estimée à plus de 300 milliards de francs CFA, les recettes fiscales perçues par l'État plafonnent à moins de 5 milliards de francs CFA. Cette disparité majeure soulève des interrogations sur la traçabilité des revenus et l'efficacité du recouvrement des taxes dans une filière pourtant en pleine expansion.
La transparence sur le gisement de Ndassima
Au-delà des chiffres globaux, l'opposition exige des éclaircissements sur l'exploitation du gisement d'or de Ndassima. Le BRDC interpelle directement l'exécutif pour obtenir des informations précises sur les entités exploitantes, le cadre légal régissant cette activité et le rendement fiscal réel reversé au Trésor public. Cette demande de transparence s'inscrit dans une volonté plus large de l'opposition de dénoncer le non-respect de certaines décisions du Conseil constitutionnel par le pouvoir en place.
Une vision divergente du bilan national
Face à ces accusations, le président Faustin-Archange Touadéra maintient une lecture positive de son action depuis son accession au pouvoir en 2016. Lors de la célébration de la fête de l'indépendance le 13 août dernier, le chef de l'État a mis en avant des avancées significatives dans les secteurs de la sécurité, de la santé, de l'énergie et de l'éducation. Si le gouvernement admet que des défis structurels persistent, il rejette les critiques de l'opposition, soulignant la continuité des efforts de développement engagés sous sa présidence.