L’operating partner, ce « copilote » des PME qui veut passer du flou à la certification

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 42 lectures
L’operating partner, ce « copilote » des PME qui veut passer du flou à la certification

Un ancien dirigeant qui épaule un chef d’entreprise sans en prendre les rênes : l’operating partner (OP) veut sortir de l’ombre pour s’imposer comme une profession à part entière. Porté par l’Operating Partners Academy de Franck Roger, ce métier hybride cherche désormais à se doter d’un référentiel de compétences et d’une certification, dans un secteur encore marqué par l’autoproclamation.

Un rôle clé mais sans cadre officiel

L’operating partner se définit comme un « copilote » opérationnel, apportant son expérience de terrain à un dirigeant ou un fonds d’investissement sans endosser le rôle de consultant, d’actionnaire ou de manager de transition. Son objectif ? Accélérer la création de valeur d’une PME ou d’une ETI en intervenant sur des leviers stratégiques : croissance, structuration financière ou gouvernance. Pourtant, faute de reconnaissance officielle, le titre reste largement autoproclamé, ouvrant la porte à des profils aux compétences parfois floues.

Un référentiel académique pour légitimer la profession

Pour combler ce vide, Franck Roger, ancien directeur de la formation continue à Kedge Business School, a cofondé en 2024 l’Operating Partners Academy. En juin 2026, son comité scientifique – composé d’experts comme Philippe de Fitte (senior OP) ou Bertrand Blancheton (doyen de l’Université de Bordeaux) – a publié le premier référentiel européen de compétences du métier. Ce document impose un minimum de quinze à vingt ans d’expérience en direction opérationnelle et introduit un indicateur maison, l’« alpha opérationnel », censé mesurer la contribution directe de l’OP à la création de valeur.

L’initiative vise à répondre à une demande croissante de dirigeants et de fonds en quête de garanties sur l’expertise de leurs partenaires. « Concrètement, avec le dirigeant, l’OP constitue un binôme sur le plan de l’exécution. Il met les mains dans le cambouis », souligne Franck Roger. Reste que certains chiffres avancés, comme l’affirmation selon laquelle 69,2 % de la valeur créée proviendrait de l’OP, appellent à une lecture prudente en l’absence de méthodologie publique.

Une formation à 25 000 euros pour transformer l’ombre en filière

L’Academy propose une formation certifiante de cent trente heures, facturée environ 25 000 euros et sanctionnée par le Capop (Certificate of Aptitude for the Operating Partner Profession). Cette certification, reconnue Qualiopi, permet d’accéder à des financements publics et mutualisés. Elle se distingue par une exigence forte : les candidats doivent justifier d’une mission réelle et réussie en entreprise pour valider leur parcours.

Si l’initiative marque une étape vers la professionnalisation du métier, son succès dépendra de l’adhésion du marché. D’autres écoles pourraient émerger et proposer des alternatives, risquant de fragmenter les standards. Pour l’heure, l’Operating Partners Academy mise sur la crédibilité de son réseau de plus de vingt intervenants et sur la pertinence de son cadre académique pour s’imposer comme la référence en Europe.

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