L'Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS) a officiellement lancé, le 21 août 2026 à Lomé, un projet pilote visant à instaurer des centres d'accompagnement des usagers des services de santé. Ce dispositif, déployé au Bénin, en Gambie et au Togo, ambitionne de transformer la gestion des plaintes des patients en un levier concret d'amélioration des systèmes de soins régionaux.
Un espace de médiation au-delà du simple signalement
Loin de se limiter à de simples bureaux de réclamation, ces centres sont conçus comme des espaces de dialogue et de médiation. L'objectif affiché par l'OOAS est de garantir une prise en charge digne des préoccupations des patients, tout en documentant les difficultés rencontrées lors de leur parcours de soins. Selon le Dr Melchior Athanase J. C. Aïssi, directeur général de l'organisation, ces retours d'expérience constituent une source d'information stratégique pour identifier les risques systémiques et ajuster les politiques de santé publique.
Renforcer le lien de confiance entre citoyens et soignants
La mise en place de ces structures répond à un enjeu majeur de cohésion sociale : la restauration de la confiance entre les communautés et les établissements de santé. En offrant un cadre structuré pour traiter les litiges et les interrogations, les autorités sanitaires espèrent réduire les tensions et favoriser une culture de la responsabilité au sein des hôpitaux. La représentante résidente de la CEDEAO au Togo, S.E. Deweh Emily Gray, a souligné l'importance d'une coordination étroite entre les trois pays pilotes pour maximiser l'impact de cette initiative.
Une approche régionale intégrée
Ce projet s'inscrit dans une vision plus large de la CEDEAO, visant à placer le citoyen au cœur de l'intégration régionale. Le processus, initié dès septembre 2025 lors d'une réunion de planification à Abidjan, permet aux conseils médicaux des trois pays de collaborer activement. Cette mutualisation des expériences doit permettre d'affiner les méthodes d'intervention avant, potentiellement, une extension du modèle à d'autres États membres. Pour les autorités togolaises, représentées lors du lancement, cette démarche confirme qu'un système de santé performant ne se mesure pas uniquement à sa capacité technique, mais aussi à sa faculté d'écoute et au respect de la dignité des usagers.