L'Assemblée générale des Nations Unies a officiellement instauré le 5 septembre comme Journée internationale des femmes et des filles autochtones. Cette décision vise à sanctuariser la reconnaissance de leur rôle crucial dans la préservation des écosystèmes et des savoirs ancestraux, tout en exposant les discriminations structurelles qui entravent leur émancipation.
Des actrices centrales du développement durable
Les 185 millions de femmes autochtones recensées à travers le monde occupent une place déterminante dans la transmission intergénérationnelle des langues, des systèmes de gouvernance et des connaissances scientifiques. Au-delà de leur rôle social, elles agissent comme des gardiennes actives de la biodiversité et des ressources naturelles. Leur expertise est désormais identifiée par l'ONU comme un levier indispensable pour renforcer la résilience des communautés face aux changements climatiques et pour promouvoir un modèle de développement durable respectueux des territoires.
Le poids des inégalités structurelles
Malgré leur contribution fondamentale, ces femmes demeurent parmi les populations les plus vulnérables. Les données onusiennes révèlent des disparités alarmantes : moins d'un quart des femmes autochtones occupent un emploi rémunéré, contre plus de la moitié chez les femmes non autochtones. Cette marginalisation économique s'accompagne d'un accès restreint aux services essentiels, notamment en matière de santé. Les taux élevés de mortalité maternelle, de violences obstétricales et de grossesses précoces illustrent une précarité sanitaire exacerbée par des discriminations systémiques et un accès limité à la justice.
Un impératif de reconnaissance politique
La résolution A/RES/80/10 ne se limite pas à une célébration symbolique ; elle appelle les États à une refonte de leur approche vis-à-vis des peuples autochtones. L'enjeu est de garantir une participation pleine et effective de ces femmes aux processus de décision politique. La protection de leur patrimoine culturel et de leurs ressources naturelles est présentée comme une condition sine qua non pour corriger les injustices historiques. Cette nouvelle journée internationale se veut ainsi un outil de plaidoyer pour contraindre les acteurs publics à soutenir concrètement l'autonomisation économique et sociale de ces populations, dont la voix reste encore trop souvent inaudible sur la scène internationale.