Le Programme des Nations unies pour l'environnement (UNEP) a publié un rapport inédit actant l'impossibilité de maintenir le réchauffement planétaire sous la barre symbolique de 1,5°C. Face à cette réalité, l'organisation internationale exhorte les décideurs à transformer radicalement leurs stratégies pour limiter l'intensité et la durée de ce dépassement.
Un changement de paradigme nécessaire
Alors que près de 200 pays s'étaient engagés en 2015 à limiter la hausse des températures à 1,5°C, les experts de l'ONU estiment désormais que ce seuil sera franchi d'ici quelques années. Pour Debra Roberts, climatologue et coauteure du rapport, les approches actuelles ne sont plus adaptées à cette trajectoire. Elle souligne l'urgence de repenser la gouvernance climatique mondiale, car les plans d'action existants ne sont pas préparés à gérer les conséquences d'un monde dépassant durablement cet objectif.
Les risques d'un emballement climatique
Avec une hausse déjà constatée d'environ 1,4°C depuis l'ère préindustrielle, les scientifiques alertent sur la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes. Le dépassement du seuil de 1,5°C rapproche la planète de points de basculement critiques, tels que l'effondrement des calottes glaciaires et la disparition des récifs coralliens. Inger Andersen, directrice exécutive de l'UNEP, insiste sur le fait qu'aucune issue favorable n'est envisageable si le réchauffement se stabilise au-dessus de ce niveau, rendant l'adaptation climatique indispensable pour la survie des populations et la préservation de la biodiversité.
Le débat sur les solutions technologiques
Pour atténuer les effets de ce dépassement, le rapport préconise des réductions drastiques des émissions de gaz à effet de serre, couplées au développement du piégeage du dioxyde de carbone. Cette recommandation suscite toutefois de vives tensions. Si l'ONU y voit un levier essentiel, des organisations comme le Centre pour le droit international de l'environnement (CIEL) dénoncent une solution technologique spéculative. De leur côté, des militants craignent que ce nouveau discours onusien ne serve de prétexte à l'apathie politique, détournant l'attention de l'impératif immédiat : la fin de la dépendance aux énergies fossiles.