Des experts mandatés par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU ont dénoncé le 28 septembre une "cascade de violations" découlant du programme américain d’expulsion vers des pays tiers, qui aurait déjà touché plus de 25 000 personnes. Selon l’enquête "The Deportation Project" publiée par le consortium Forbidden Stories, ces renvois se font au travers d’accords secrets avec 35 États, souvent en situation de conflit ou de fragilité institutionnelle.
Un dispositif d’expulsion largement secret
Le projet d’externalisation migratoire, mis en œuvre sous l’administration Trump, repose sur des accords bilatéraux non transparents, échappant à tout contrôle démocratique ou à une surveillance indépendante des droits humains. Les experts onusiens, au nombre d’une vingtaine, soulignent que les expulsions concernent tant des demandeurs d’asile que des migrants à différents stades de leur procédure, sans que les pays d’accueil aient de lien préexistant avec les personnes concernées.
Conséquences graves pour les migrants
Les autorités américaines auraient ainsi exposé les personnes expulsées à un risque accru de torture, de mauvais traitements, de détentions arbitraires et de disparitions forcées. Les experts listent également le refus de garanties procédurales, la séparation des familles, la discrimination fondée sur le genre ou l’orientation sexuelle, ainsi que des formes d’esclavage et de traite des êtres humains. Certains des pays récepteurs – Centrafrique, Honduras, Liberia, Libye ou Soudan du Sud – sont eux‑mêmes plongés dans des conflits, limitant leur capacité à protéger les droits fondamentaux des migrants.
Réactions et appels à l’arrêt immédiat
Dans leur communiqué, les experts ont alerté non seulement les États-Unis mais aussi chaque État signataire des accords, en insistant sur la nécessité d’y mettre fin sans délai. Ils rappellent que la participation à de telles mesures peut, dans certaines circonstances, constituer une forme de complicité aux violations des droits humains. Le message central est que la question dépasse la simple politique migratoire : il s’agit de la vie, de la sécurité et de la dignité des personnes concernées.
Implication des agences internationales
Les agences onusiennes, notamment l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), sont appelées à ne jamais légitimer des dispositifs qui exposent les migrants à des risques de refoulement ou d’autres violations graves. Les experts insistent sur le fait que toute assistance apportée ne doit pas servir à couvrir ou à normaliser ces pratiques, sous peine de devenir complice d’actes contraires au droit international.