L'Organisation météorologique mondiale (OMM) anticipe un épisode d'El Niño d'une intensité sans précédent depuis quatre décennies, avec une probabilité quasi totale de persistance jusqu'en février 2027. Ce phénomène climatique majeur, qui s'ajoute aux effets du changement climatique anthropique, menace de bouleverser les régimes de précipitations et de températures à l'échelle planétaire.
Une intensité hors normes
Selon les relevés de l'OMM, le phénomène actuel dépasse les capacités de mesure habituelles. Les températures de surface dans le Pacifique équatorial ont enregistré des anomalies significatives, atteignant jusqu'à 2,6°C au-dessus de la moyenne entre juillet et août 2026. Plus préoccupant encore, certaines zones sous la surface océanique affichent des températures supérieures de 8°C à la normale, confirmant la puissance exceptionnelle de cet épisode qui devrait atteindre son apogée à la fin de l'année.
Risques accrus pour les populations
La secrétaire générale de l'OMM, Celeste Saulo, souligne que cet événement climatique représente une menace directe pour les économies et les populations mondiales. Historiquement, El Niño est associé à des sécheresses sévères en Amazonie, en Australie et en Indonésie, ainsi qu'à des inondations dévastatrices, notamment en Afrique de l'Est. Les prévisions pour le dernier trimestre 2026 indiquent une probabilité élevée de températures supérieures à la normale sur la quasi-totalité des terres émergées.
Vers une année 2027 record
Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a qualifié la situation de "course contre la montre", insistant sur l'urgence d'une préparation exceptionnelle face à ce qui devient la nouvelle norme climatique. La libération de la chaleur emmagasinée dans les océans, qui survient généralement l'année suivant l'épisode d'El Niño, laisse craindre aux climatologues que 2027 ne devienne l'année la plus chaude jamais enregistrée, surpassant le précédent record de 2024.
Un impact économique global
Au-delà des enjeux environnementaux, ce phénomène soulève des inquiétudes majeures concernant la "climateflation". Les perturbations des cycles agricoles et les risques d'inondations ou de sécheresses extrêmes pourraient entraîner une volatilité accrue des prix alimentaires mondiaux. L'OMM rappelle toutefois que si le phénomène est global, ses conséquences concrètes dépendront de la vulnérabilité spécifique de chaque région et de l'interaction avec d'autres facteurs climatiques locaux.