L'Assemblée générale des Nations unies a officiellement adopté une résolution visant à promouvoir l'usage de projections cartographiques plus conformes aux superficies réelles des continents. Portée par le Togo et l'Union africaine, avec le soutien de la France, cette initiative marque une volonté de corriger les biais visuels hérités de la projection de Mercator, omniprésente depuis le XVIe siècle.
Vers une nouvelle norme de représentation mondiale
La résolution, bien que non contraignante, invite les États, les institutions internationales et les entreprises technologiques à privilégier des projections dites « équivalentes », telles que Equal Earth, lorsque la comparaison des tailles relatives des territoires est l'objectif recherché. Si la projection de Mercator, conçue en 1569 pour la navigation maritime, reste un outil technique efficace pour tracer des caps, elle induit une déformation majeure : les régions éloignées de l'équateur apparaissent démesurées, tandis que le continent africain, avec ses 30,3 millions de kilomètres carrés, semble visuellement réduit par rapport à des territoires comme le Groenland.
Au-delà de la géographie, un enjeu de perception politique
Cette démarche s'inscrit dans la campagne #CorrectTheMap, soutenue par l'Union africaine depuis août 2025. Pour les promoteurs du texte, il s'agit de déconstruire ce que certains qualifient de « colonialisme cartographique ». Le ministre togolais des Affaires étrangères a souligné que cette demande n'est pas une quête de traitement préférentiel, mais une exigence de vérité scientifique et de reconnaissance de la place réelle du continent dans le système international. La France, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, a appuyé cette initiative, y voyant une étape nécessaire pour corriger des rapports de force visuels qui minorent indûment l'Afrique, l'Amérique latine et l'Asie du Sud-Est.
Une mise en œuvre concertée à l'horizon 2027
L'adoption de ce texte ne signifie pas la disparition immédiate des cartes actuelles, mais elle fixe une nouvelle norme pour l'enseignement et la communication publique. Le Togo entend désormais transformer cette résolution en actions concrètes. Une rencontre est prévue en 2027 à Lomé, réunissant l'Unesco, l'Union africaine et des acteurs majeurs de la technologie, dont Google Maps, afin de discuter des modalités d'application de ces nouvelles références cartographiques. L'objectif est de permettre une transition progressive vers des outils de représentation plus justes, sans pour autant occulter l'utilité technique des projections historiques dans le domaine de la navigation.