L'assemblée générale des Nations unies a adopté vendredi une résolution portée par les pays africains visant à promouvoir des projections cartographiques représentant plus fidèlement la taille relative des continents. Le texte a été adopté à une écrasante majorité, avec 164 voix pour et une seule voix contre.
Une résolution africaine adoptée à une large majorité
Les pays africains ont obtenu un soutien massif au sein de l'assemblée générale de l'ONU pour leur initiative visant à corriger les distortions des représentations cartographiques mondiales. La résolution, qui appelle à utiliser des projections plus fidèles à la réalité géographique des continents, a recueilli 164 voix favorables. Seul un pays a exprimé son opposition au texte, les États-Unis ayant voter contre cette initiative.
La projection de Mercator, une representation historique contestée
La projection de Mercator, élaborée au XVIe siècle par le cartographe flamand Gerardus Mercator, agrandit systématiquement les régions proches des pôles tandis qu'elle réduit les zones équatoriales. Cette distorsion avantage considérablement l'Europe et l'Amérique du Nord dans les représentations les plus courantes du monde. L'Afrique, dont la superficie réelle est d'environ 30 millions de kilomètres carrés, apparaît ainsi bien plus petite qu'elle ne l'est en réalité sur de nombreuses cartes utilisées dans l'éducation et les médias.
Un enjeu de justice cognitive et d'éducation
Au-delà de la dimension symbolique, cette résolution soulève la question de la justice cognitive. Les représentations cartographiques influencent la perception que les populations du monde entier ont de la géographie réelle de la planète. Pour les africains, cette distorsion peut contribuer à minimiser l'importance stratégique et démographique du continent dans l'imaginaire collectif mondial.
Le texte adopté appelle les États membres et les institutions internationales à encourager l'utilisation de projections cartographiques alternatives, comme la projection de Peters qui représente les superficies des continents avec davantage de fidélité. Cette initiative s'inscrit dans un mouvement plus large visant à décoloniser les représentations du monde.