L'ONU adopte une nouvelle norme cartographique pour corriger la représentation des continents

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 59 lectures
L'ONU adopte une nouvelle norme cartographique pour corriger la représentation des continents

L'Assemblée générale des Nations Unies a officiellement adopté une résolution visant à promouvoir des représentations cartographiques plus fidèles à la réalité géographique des continents. Ce texte, porté par le Togo et l'Union africaine, marque une rupture symbolique avec la projection de Mercator, jugée responsable d'une distorsion historique au détriment des territoires situés près de l'équateur.

La fin de la domination de la projection de Mercator

Depuis près de cinq siècles, la projection de Mercator, conçue initialement pour la navigation maritime, a imposé une vision du monde où les territoires aux hautes latitudes apparaissent artificiellement agrandis. Cette distorsion a eu pour effet de minimiser visuellement la taille de l'Afrique, de l'Amérique latine et de l'Asie du Sud. En adoptant la résolution par 164 voix contre une, l'ONU encourage désormais l'usage de la projection « Equal Earth », qui respecte les proportions réelles des surfaces terrestres.

Un enjeu de perception et de dignité

Pour le ministre des Affaires étrangères du Togo, Robert Dussey, cette initiative dépasse le cadre technique de la cartographie. Il souligne que les cartes ne sont jamais neutres : elles façonnent l'imaginaire collectif, influencent l'éducation et structurent les perceptions des générations futures. En promouvant une représentation plus rigoureuse, les promoteurs du texte entendent affirmer l'égale dignité de tous les peuples et corriger une vision du monde héritée d'une époque marquée par des déséquilibres géopolitiques profonds.

Des divergences diplomatiques marquées

Le vote a révélé des tensions au sein de l'institution internationale. Si la France a soutenu la résolution, y voyant une démarche de vérité nécessaire, les États-Unis ont exprimé une opposition ferme. La représentante américaine, Yaryna Ferencevych, a qualifié ce débat de distraction par rapport aux enjeux prioritaires de paix et de sécurité internationale, critiquant ce qu'elle considère comme un agenda idéologique. Malgré cette opposition isolée, le soutien massif des États membres témoigne d'une volonté politique croissante de réviser les récits et les outils visuels qui structurent les relations internationales contemporaines.

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