L'ONU adopte la résolution Correct the Map pour rétablir les proportions réelles de l'Afrique

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 54 lectures
L'ONU adopte la résolution Correct the Map pour rétablir les proportions réelles de l'Afrique

L'Assemblée générale des Nations Unies a officiellement adopté le projet de résolution « Correct the Map », une initiative portée par le Togo et l'Union africaine visant à abandonner la projection de Mercator au profit de représentations cartographiques plus fidèles. Ce vote historique, soutenu par 164 États, marque une étape symbolique et scientifique majeure pour corriger une distorsion géographique qui, depuis des siècles, minimise visuellement l'étendue réelle du continent africain.

Le poids historique de la projection de Mercator

Depuis le XVIe siècle, la projection de Mercator domine les représentations du monde, bien qu'elle ait été initialement conçue pour les besoins de la navigation maritime. Ce modèle mathématique présente un biais structurel majeur : il étire les surfaces à mesure qu'elles s'éloignent de l'équateur. En conséquence, les régions situées aux hautes latitudes, comme l'Europe et l'Amérique du Nord, apparaissent disproportionnellement vastes, tandis que les zones équatoriales, dont l'Afrique, sont visuellement compressées. À titre d'exemple, le Groenland y semble égaler l'Afrique, alors que cette dernière est en réalité 14 fois plus étendue.

L'alternative Equal Earth comme standard

Pour remédier à cette distorsion, la résolution préconise l'adoption de la projection « Equal Earth », développée en 2018 par les cartographes Tom Patterson, Bojan Savric et Bernhard Jenny. Ce modèle offre un compromis technique permettant de respecter les superficies réelles des continents tout en conservant une forme visuellement cohérente. Outre l'Afrique, cette mise à l'échelle bénéficie également à l'Amérique latine, à l'Asie du Sud et à l'Océanie, dont les dimensions étaient jusqu'ici largement sous-estimées dans les manuels scolaires et les représentations institutionnelles.

Une portée diplomatique et éducative

La campagne « Correct the Map », initiée en 2025 par les organisations Speak Up Africa et Africa No Filter, qualifie la persistance de la carte de Mercator de « désinformation historique ». En portant ce dossier devant l'ONU, le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a insisté sur le caractère scientifique de la démarche, visant à déconstruire une vision du monde héritée d'une époque européocentrée. Le texte adopté invite désormais les systèmes éducatifs, les médias et les institutions internationales à aligner leurs outils pédagogiques et informatifs sur cette nouvelle norme cartographique.

Un consensus international marqué par une opposition

Si le projet a recueilli un soutien massif avec 164 voix favorables, incluant l'Union européenne et la France, le vote a révélé une fracture diplomatique notable. Les États-Unis ont été le seul pays à s'opposer formellement à la résolution, tandis que six autres nations ont choisi l'abstention. Malgré cette dissidence, l'adoption du texte par une écrasante majorité confère une légitimité mondiale à cette exigence de précision géographique, perçue par ses promoteurs comme un levier essentiel pour rééquilibrer la perception du continent africain sur la scène internationale.

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