Lonnie Bunch, historien de 73 ans et premier Afro‑Américain à présider la Smithsonian Institution, a annoncé son départ à la retraite le 8 septembre. Cette décision intervient dans un contexte de tensions accrues entre l'institution et l'administration Trump, qui accuse les musées de diffuser une vision trop progressiste de l'histoire américaine.
Un départ après sept ans à la tête du plus grand complexe muséal américain
Nommé en 2019, Lonnie Bunch a conduit la Smithsonian, un partenariat public‑privé unique regroupant musées, centres de recherche et programmes éducatifs. Sous sa direction, l’institution a vu la création du Musée national de l’histoire et de la culture afro‑américaines, un projet phare qui a renforcé la visibilité des contributions noires aux États‑Unis. Bunch a déclaré que son départ était motivé par le « moment » et non par les pressions politiques, tout en reconnaissant le stress engendré par les critiques récurrentes de la Maison Blanche.
Trump qualifie la Smithsonian d’« idéologie radicale » et menace le financement
Depuis l’été 2025, le président Donald Trump a publiquement dénoncé la Smithsonian, la qualifiant de « hors de contrôle » et reprochant aux musées de mettre en avant les méfaits de l’esclavage sans célébrer les réussites américaines. En mars 2026, un décret a été signé pour reprendre le contrôle du contenu exposé, et un rapport de 162 pages a accusé l’institution de négliger le rôle central de la foi chrétienne dans l’histoire du pays. En août, un ministre de l’administration a écrit au conseil d’administration, réclamant une réunion et évoquant la possibilité de couper les fonds publics.
Conséquences pour la gouvernance culturelle et les débats publics aux États‑Unis
Les accusations de « wokeness » et d’idéologie radicale s’inscrivent dans une stratégie plus large de l’administration Trump visant à remodeler la narration historique présentée dans les espaces publics. Si le Smithsonian conserve son statut d’entité semi‑autonome, le risque de réduction de financement ou d’ingérence directe pourrait affecter la programmation future, notamment les expositions consacrées aux minorités et aux questions de justice sociale. Le départ de Bunch, bien que présenté comme une retraite volontaire, laisse la porte ouverte à une nouvelle direction potentiellement plus alignée avec les exigences de Washington, ce qui pourrait redéfinir le rôle des musées dans le débat national sur l’identité et la mémoire collective.