Une opération de terrain pour sauver des vies sur les axes les plus dangereux du Cameroun. L’Office national de la sécurité routière (ONASER) a déployé ce vendredi 28 août 2026 une équipe de sensibilisation sur les carrefours stratégiques de l’îlot 1 du Projet régional pour l’amélioration de la performance du corridor rail/route Douala-N’Djamena (PCDN). L’objectif ? Rappeler aux usagers de la route l’importance du respect des règles de circulation, alors que les accidents y restent fréquents.
Un corridor sous haute tension routière
Le corridor Douala-N’Djamena, axe économique majeur reliant le Cameroun à ses voisins tchadien et centrafricain, concentre une densité de trafic parmi les plus élevées du pays. Les carrefours de l’îlot 1, en particulier, sont réputés pour leur dangerosité, avec des accidents souvent liés à des comportements à risque : excès de vitesse, non-respect des feux tricolores ou des priorités. L’ONASER cible ces points noirs pour y instaurer une culture de la prudence.
Une campagne axée sur l’éducation et la prévention
Contrairement à une simple opération de contrôle, cette initiative mise sur la pédagogie. Les agents de l’ONASER distribuent des brochures explicatives, organisent des échanges avec les conducteurs et rappellent les sanctions encourues en cas d’infraction. L’accent est mis sur les règles souvent bafouées : cédez-le-passage, port de la ceinture, interdiction du téléphone au volant. Une approche qui vise à réduire durablement les comportements dangereux, plutôt qu’à sanctionner ponctuellement.
Un enjeu de santé publique et d’économie
Les accidents de la route coûtent cher au Cameroun, tant en vies humaines qu’en pertes économiques. Selon les dernières estimations, les routes camerounaises enregistrent plus de 10 000 accidents par an, avec un bilan humain lourd. Le corridor Douala-N’Djamena, en raison de son trafic intense, est l’un des principaux foyers de ces drames. En ciblant ce secteur, l’ONASER cherche à protéger non seulement les usagers, mais aussi les flux commerciaux qui transitent par cet axe vital pour l’intégration régionale.
Vers une stratégie routière plus globale ?
Cette opération s’inscrit dans une dynamique plus large de sécurisation des axes routiers au Cameroun. Si les résultats de cette campagne ne seront évalués qu’à moyen terme, elle pourrait servir de modèle pour d’autres corridors du pays. L’ONASER pourrait ainsi étendre ce type d’actions préventives, en collaboration avec les collectivités locales et les partenaires internationaux impliqués dans le PCDN. Une approche qui, si elle est pérennisée, pourrait transformer durablement les habitudes des conducteurs sur les routes camerounaises.