L'OMS appelle à une vigilance accrue face à l'inéluctabilité d'une future crise sanitaire mondiale

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 17 lectures
L'OMS appelle à une vigilance accrue face à l'inéluctabilité d'une future crise sanitaire mondiale

Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le Dr Tedros Ghebreyesus, a rappelé que l'émergence d'une nouvelle pandémie est une certitude temporelle plutôt qu'une simple éventualité. Tirant les leçons du traumatisme du COVID-19, qui a coûté la vie à au moins 20 millions de personnes et amputé l'économie mondiale de 10 000 milliards de dollars, l'institution appelle à une refonte profonde de la coopération internationale.

Des foyers épidémiques aux menaces globales

L'OMS souligne que la sécurité sanitaire ne peut être pensée à l'échelle nationale. L'exemple récent de l'épidémie de virus Ebola à Bundibugyo, en République démocratique du Congo, illustre la capacité des foyers locaux à se transformer en menaces transfrontalières. De même, la gestion du hantavirus à bord du navire MV Hondius a démontré que seule une réponse coordonnée, impliquant des partenaires comme l'Espagne, permet de contenir efficacement les risques sanitaires en milieu international.

Un arsenal institutionnel pour la préparation

Depuis la crise du COVID-19, l'OMS a déployé 12 initiatives majeures pour combler les failles structurelles révélées par la pandémie. Parmi elles, le Hub pour l'intelligence pandémique à Berlin et le BioHub en Suisse visent à améliorer la surveillance des maladies et le partage des échantillons de pathogènes. Sur le plan opérationnel, le Fonds pandémique, en collaboration avec la Banque mondiale, et le Corps mondial d'urgence sanitaire ont été mis en place pour renforcer les capacités de réponse des États membres.

Le cadre juridique face aux enjeux de souveraineté

L'année 2024 a marqué un tournant avec l'amendement du Règlement sanitaire international, suivi en 2025 par l'adoption de l'Accord sur les pandémies. Le Dr Ghebreyesus a fermement réfuté les critiques qualifiant cet accord de « prise de pouvoir » par l'OMS, rappelant qu'il s'agit d'un instrument négocié par des États souverains agissant dans leur propre intérêt. Il reste toutefois un point de blocage : le système d'accès aux pathogènes et de partage des avantages, dont les négociations sont en cours.

Vers une action politique concertée

L'OMS mise désormais sur une déclaration politique, portée par l'Arménie et le Rwanda, pour traduire ces engagements en actions concrètes et mesurables. Cette démarche vise à combler les lacunes persistantes en matière de prévention et d'équité, notamment dans l'accès aux vaccins et aux outils technologiques, comme le démontre le programme de transfert de technologie ARNm. L'organisation insiste sur le fait qu'une approche isolée des nations serait inefficace face à des menaces dont la nature est intrinsèquement globale.

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