Un technicien, deux saisons, une rupture brutale. L’Olympique de Marseille scelle aujourd’hui un tournant. Habib Beye quitte ses fonctions d’entraîneur, après une parenthèse trop courte pour marquer durablement l’histoire olympienne. Le Sénégalais, débarqué en février dernier pour remplacer Roberto de Zerbi, n’aura pas eu le temps de s’imposer. Pourtant, son passage soulève des questions : Comment un projet aussi ambitieux peut-il s’effondeler si vite ?
Un recrutement audacieux, une exécution ratée L’OM mise sur Beye avec un discours clair : un profil technique, une expérience en Ligue des champions, une capacité à fédérer. Le club présente le technicien comme un atout pour relancer le projet sportif après les déboires de De Zerbi. Les attentes sont hautes. Les résultats, décevants.
Dès son arrivée, Beye affiche une volonté de changement. Il impose un style de jeu offensif, presque agressif, mais les résultats tardent. Les supporters, déjà méfiants après les promesses non tenues de ses prédécesseurs, commencent à murmurer. Les 6 matchs en Ligue 1 depuis son arrivée ? Trois victoires, trois défaites. Un bilan qui interroge.
Les critiques fusent : manque de cohérence ou pression excessive ? Les détracteurs pointent du doigt une gestion chaotique. Beye alterne entre phases de motivation et périodes de doute visible. Ses déclarations, parfois contradictoires, alimentent les rumeurs. "On travaille, on progresse", martèle-t-il. Mais sur le terrain, l’OM peine à s’imposer.
Les joueurs, eux, semblent divisés. Certains saluent son professionnalisme, d’autres dénoncent un manque de stabilité. Les changements d’encadrement à répétition (avec des adjoints qui se succèdent) créent une instabilité préjudiciable. Comment construire un groupe si personne ne tient ses engagements ?
Le club assume : "Le projet n’est plus viable" Dans un communiqué sec, l’OM annonce la fin de l’aventure Beye sans détour. "Les objectifs ne sont pas atteints", précise le club, avant d’évoquer une "recherche active d’un nouveau projet". Une formule qui laisse planer le doute : l’échec est-il sportif ou organisationnel ?
Les médias locaux s’interrogent déjà sur les suites. Qui succédera à Beye ? Un nom émerge : Vincent Enzos, l’ex-assistant de De Zerbi, ou peut-être un profil extérieur comme Thomas Tuchel, toujours en quête de nouveaux défis ? Une chose est sûre : l’OM entre dans une phase de transition critique.
Un symbole d’un football en crise Le départ de Beye n’est pas qu’une affaire personnelle. C’est le reflet d’un malaise plus large. L’OM, malgré ses moyens, peine à trouver la stabilité. Les entraîneurs s’en vont, les supporters se lassent, et le club semble incapable de tirer les leçons de ses échecs.
Et si le vrai problème n’était pas Beye, mais un système qui échoue à se réinventer ?
Conclusion : vers un nouveau chapitre… ou une impasse ? L’OM tourne la page. Mais à quel prix ? Beye laisse derrière lui un héritage mitigé : des idées, des espoirs, et surtout, une frustration collective. Le club doit désormais choisir : relancer le projet avec un nouveau visage, ou s’enliser dans le cycle des erreurs.
Une chose est certaine : les supporters attendent mieux. Et cette fois, ils ne toléreront plus les demi-mesures.