Loi de finances rectificative 2026 du Sénégal : prévisions de croissance à 2 % et déficit croissant, un trimestre final sous tension

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 64 lectures
Loi de finances rectificative 2026 du Sénégal : prévisions de croissance à 2 % et déficit croissant, un trimestre final sous tension

La loi de finances rectificative (LFR) 2026 du Sénégal révèle des recettes fiscales en chute, un investissement public quasi inexistant et une croissance projetée à seulement 2 %. Face à ces déséquilibres, les économistes alertent sur une fin d'année difficile et évoquent même la possibilité d'un recours au Fonds monétaire international.

Bilan de la LFR 2026 : des indicateurs majeurs dans le rouge

Les chiffres publiés montrent une contraction généralisée : les recettes de l’État diminuent, les dépenses d’investissement sont très faibles et le déficit budgétaire s’élargit. Selon l’économiste Meïssa Babou, l’absence d’investissement public, moteur habituel de l’économie sénégalaise, a entraîné une paralysie du secteur privé, qui ne lance plus d’initiatives faute de moyens. Seules les institutions financières restent actives, ce qui accentue le risque d’une « déroute financière ».

Analyse des économistes : entre pessimisme et prudence

Meïssa Babou prévoit une croissance autour de 2 % et souligne que les recettes fiscales insuffisantes ne permettront plus de couvrir les dépenses courantes, d’où la crainte d’un appel au FMI pour combler le « gap » de financement. En revanche, Cheikh Mbacké Sène, spécialiste en intelligence économique, adopte une posture « prudemment optimiste ». Il estime que la situation actuelle constitue une phase d’ajustement et que la mise en œuvre rapide des réformes en cours pourrait restaurer la confiance des investisseurs et relancer les recettes publiques. Baye Abdou Diouf, quant à lui, rappelle que l’économie non pétrolière du pays n’est pas en train de s’effondrer : malgré des déséquilibres sérieux, des leviers de croissance subsistent et les réformes structurelles offrent un cadre de financement favorable.

Scénarios pour la fin 2026 : recours au FMI ou redressement grâce aux réformes

Si les recettes fiscales restent faibles et que le service de la dette augmente, la pression sur l’investissement privé et l’activité économique risque de perdurer, renforçant la dépendance à un financement extérieur. À l’inverse, une reprise des recettes et le déblocage de financements externes pourraient permettre une amélioration rapide de la situation budgétaire. Les économistes s’accordent à dire que l’issue dépendra surtout de la capacité du gouvernement à exécuter les réformes annoncées et à mobiliser les ressources nécessaires pour relancer l’investissement public.

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