L'OFNAC intensifie la pression sur les responsables publics pour la transparence du patrimoine

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 49 lectures
L'OFNAC intensifie la pression sur les responsables publics pour la transparence du patrimoine

Le Sénégal renforce son dispositif de contrôle des biens des hauts responsables de l'État, imposant une déclaration de patrimoine en début et en fin de mandat. Cette mesure, pilotée par l'Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), vise à prévenir l'enrichissement illicite, bien que son application se heurte à une réalité administrative complexe et à des taux de conformité encore insuffisants.

Un taux de conformité sous surveillance

Le dispositif actuel concerne un large spectre de décideurs, incluant le chef de l'État, le président de l'Assemblée nationale et le Premier ministre. Toutefois, l'adhésion reste mitigée : sur 1 594 déclarations attendues, seules 558 ont été enregistrées à ce jour. Pour pallier ces défaillances, l'OFNAC a annoncé la publication d'une liste provisoire des assujettis et des retardataires pour le 10 août. Cette transparence accrue s'accompagne de mesures coercitives, Moustapha Ka, président de l'office, ayant rappelé que les contrevenants s'exposent à une retenue d'un quart de leur salaire ainsi qu'à une saisine directe de l'autorité de nomination.

Le défi technique de la vérification

Au-delà de la simple collecte des formulaires, l'enjeu majeur réside dans la capacité de l'OFNAC à authentifier les informations déclarées. La mission de contrôle exige des moyens humains, techniques et matériels conséquents pour croiser les données fournies avec la réalité des avoirs. L'office doit naviguer dans un environnement où la dissimulation est facilitée par le recours aux prête-noms, aux comptes bancaires domiciliés à l'étranger ou à la dispersion des actifs dans plusieurs juridictions internationales.

La nécessité d'une vigilance citoyenne

L'efficacité du dispositif dépendra de la capacité de l'institution à mener des investigations approfondies, parfois complexes, comme l'ont illustré des dossiers judiciaires passés nécessitant des commissions rogatoires internationales. Face à ces obstacles, des voix, dont celle du journaliste Ibrahima Bakhoum, appellent la société civile et les forces politiques à maintenir une pression constante. Si la publication des listes constitue une avancée notable pour la redevabilité, la crédibilité de l'OFNAC repose désormais sur sa faculté à transformer cette obligation déclarative en un véritable outil de lutte contre l'enrichissement injustifié.

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