L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a ajusté ses prévisions de croissance pour le Royaume-Uni, anticipant un ralentissement pour l'année 2027. Cette révision, bien que modérée, souligne la vulnérabilité de l'économie britannique face aux répercussions internationales des conflits au Moyen-Orient.
Une trajectoire de croissance en dents de scie
L'OCDE prévoit désormais une croissance de 1 % pour le Royaume-Uni en 2027, contre une estimation initiale de 1,1 %. À l'inverse, les perspectives pour 2026 ont été légèrement relevées, passant de 0,9 % à 1,1 %, portées par une demande intérieure jugée solide. Cette volatilité reflète les incertitudes pesant sur l'économie mondiale, où plusieurs nations, dont l'Australie, le Canada et la zone euro, subissent également des pressions similaires sur leurs prévisions de croissance.
L'impact des tensions mondiales sur l'inflation
Le conflit au Moyen-Orient demeure le principal facteur d'instabilité, entraînant une hausse des prix des hydrocarbures qui alimente l'inflation au Royaume-Uni. L'OCDE avertit que la durée des perturbations dans les chaînes d'approvisionnement sera déterminante pour l'évolution des prix du carburant. Parallèlement, l'organisation pointe d'autres risques structurels, notamment les chocs climatiques liés au phénomène El Niño, susceptibles d'affecter les rendements agricoles, ainsi que les tensions commerciales marquées par des restrictions à l'exportation et des tarifs douaniers.
Le défi budgétaire du gouvernement britannique
Ces prévisions interviennent alors que le gouvernement d'Andy Burnham prépare son premier budget. Le chancelier John Healey se trouve face à un équilibre complexe : répondre aux attentes de soutien au pouvoir d'achat des ménages tout en respectant les règles budgétaires strictes du Parti travailliste. La marge de manœuvre est d'autant plus réduite que le coût du service de la dette a augmenté sous l'effet de l'inflation et d'un recours à l'emprunt plus important qu'attendu en août. Alors que le gouvernement met en avant la résilience de l'économie, l'opposition conservatrice exhorte l'exécutif à mieux maîtriser les dépenses publiques et à améliorer l'efficacité du secteur public pour éviter une pression fiscale accrue.