Le gouvernement italien a suspendu l'acheminement d'équipements militaires vers l'Ukraine, interrompant une dynamique de soutien qui n'a enregistré aucun envoi concret depuis décembre 2025. Cette mise en pause, qui concerne notamment des systèmes de défense aérienne cruciaux, souligne les tiraillements internes de la coalition au pouvoir à Rome face aux échéances électorales américaines et nationales.
Le blocage des systèmes de défense SAMP/T
Au cœur des tensions figure la livraison promise de missiles intercepteurs Aster-30, destinés à équiper le système de défense aérienne SAMP/T. Cette technologie, dont seules la France et l'Italie disposent, est pourtant réclamée avec insistance par Volodymyr Zelensky pour contrer les frappes russes quotidiennes. Bien que cette fourniture ait été actée dans le 13e paquet d'aide italienne, le calendrier initial, qui prévoyait une livraison avant fin octobre, semble désormais caduc, faute de convocation de la commission parlementaire chargée de superviser ces transferts.
L'influence des échéances électorales
La stratégie de Rome semble étroitement corrélée aux scrutins à venir. Le gouvernement de Giorgia Meloni attendrait les résultats des élections de mi-mandat aux États-Unis, prévues début novembre, pour ajuster sa posture diplomatique et militaire pour les deux prochaines années. Parallèlement, le climat politique intérieur pèse lourdement sur cette décision : à l'approche des élections italiennes du printemps 2027, les divergences au sein de la coalition deviennent plus visibles. Matteo Salvini, vice-Premier ministre, maintient une opposition constante à l'envoi d'armes, créant un contentieux persistant avec la ligne officielle affichée par la cheffe du gouvernement.
Un bilan financier sous tension
Depuis le début du conflit en février 2022, l'engagement financier de l'Italie s'élève à 18 milliards d'euros, selon les données de l'institut allemand de Kiel. Ce montant se décompose en 14 milliards d'euros transitant par les mécanismes de l'Union européenne et 4 milliards d'aide bilatérale directe. Malgré ces chiffres, le flou entoure désormais la poursuite de cet effort. Les déclarations gouvernementales se font de plus en plus évasives, et l'absence d'envois depuis près d'un an marque une rupture notable dans la politique de soutien militaire de Rome envers Kiev.