L'Italie traverse actuellement sa cinquième vague de chaleur de l'été, marquée par des températures dépassant les 40°C dans le Centre-Sud et une instabilité météorologique sévère au Nord. Cette situation climatique extrême, aggravée par un taux d'humidité élevé et des nuits tropicales, place neuf villes en alerte rouge et fragilise durablement les écosystèmes locaux.
Une urgence sanitaire et climatique au Sud
Dans les régions du Sud et dans les îles, le mercure a atteint des sommets, avec des pointes enregistrées à 44,6°C en Calabre. Neuf villes, dont Rome, Palerme et Bari, sont sous surveillance étroite en raison des risques sanitaires majeurs que cette chaleur fait peser sur l'ensemble de la population. La situation est exacerbée par l'arrivée de poussières sahariennes et des températures nocturnes avoisinant les 30°C, empêchant toute récupération thermique. Si une légère décrue est attendue pour le week-end, les prévisions météorologiques restent préoccupantes pour le mois de septembre, avec des températures qui devraient demeurer bien au-dessus des normales saisonnières.
Le retour des incendies et la fracture météorologique
Le pays est littéralement coupé en deux : tandis que le Sud suffoque, le Nord subit de violents orages et des chutes de grêle, notamment en Lombardie, en Vénétie et dans le Trentin. Cette chaleur extrême a également des conséquences directes sur la sécurité civile. Dans les Abruzzes, sur le mont Morrone, un incendie considéré comme maîtrisé a repris de plus belle sous l'effet des vents chauds, mobilisant plus d'une centaine d'opérateurs, entre pompiers, armée et protection civile.
Un été de records pour l'Europe de l'Ouest
Le WWF, s'appuyant sur les données de Copernicus, souligne que cet été s'inscrit dans une tendance alarmante. Les mois de juin et juillet ont été les plus chauds jamais enregistrés en Europe de l'Ouest, avec une anomalie de +2,79°C par rapport à la moyenne 1991-2020. En Italie, l'impact est tangible : plus de 90 000 hectares de forêts ont été détruits par les flammes, soit une hausse de 92 % par rapport à la moyenne des vingt dernières années. Face à cette pression sur la biodiversité, le WWF préconise la suspension de la chasse en septembre. Parallèlement, la Méditerranée subit un réchauffement sans précédent, avec des températures de surface dépassant localement les 30°C, illustrant la vulnérabilité croissante des écosystèmes marins et terrestres face à ces dérèglements climatiques persistants.