L'Institut de recherche en biologie appliquée de Guinée (IRBAG), situé à Kindia, fait face à une crise de financement pour la prise en charge des victimes de morsures de serpents. Le coût élevé des sérums antivenimeux, atteignant jusqu'à 80 dollars par flacon, menace l'accès aux soins pour les populations rurales les plus vulnérables.
Un obstacle financier majeur pour les patients
La prise en charge des envenimations nécessite souvent l'administration de plusieurs doses, le nombre de flacons pouvant varier selon la gravité de la morsure. Avec un prix unitaire oscillant entre 70 et 80 dollars, le coût total d'un traitement peut rapidement devenir inabordable pour les familles, notamment les paysans. Bien que l'IRBAG revende ces sérums au prix d'achat sans marge bénéficiaire et offre les soins médicaux, la direction souligne que de nombreux patients se trouvent dans l'incapacité de régler la facture, plaçant l'institution dans une situation financière précaire.
La gestion des stocks et les défis d'approvisionnement
Au-delà du prix, l'approvisionnement constitue un défi logistique constant pour l'institut. Les sérums utilisés, validés cliniquement en Guinée grâce aux travaux de recherche menés par le professeur Cellou Baldé, sont des produits polyvalents. L'IRBAG maintient un stock tampon pour répondre aux urgences, mais les délais et les contraintes d'importation rendent la disponibilité de ces produits incertaine. La direction précise que le maintien de ce stock est essentiel pour garantir une réponse rapide face à un problème de santé publique souvent négligé.
Appel à une intervention structurelle
Face à l'impossibilité de faire supporter le coût total du traitement aux patients, le directeur général de l'IRBAG, Mohamed Sahar Traoré, en appelle à la responsabilité collective. L'institution sollicite activement l'appui de l'État guinéen, ainsi que le soutien de fondations et de donateurs privés. L'objectif affiché est de sécuriser un financement pérenne permettant de renforcer les stocks de sérums et, à terme, d'assurer la gratuité totale de la prise en charge des victimes de morsures de serpents, conformément aux impératifs éthiques et déontologiques de l'établissement.