Le président iranien Masoud Pezeshkian relance l’offre de dialogue avec Washington en conditionnant le retour à l’accord de cessez-le-feu de juin 2026 à une réciprocité américaine, alors que les échanges de tirs entre les deux pays s’intensifient dans le détroit d’Ormuz.
Un accord de juin 2026 déjà fragilisé par les tensions
Signé en juin 2026, l’accord-cadre prévoyait un cessez-le-feu immédiat et une période de 60 jours de négociations pour aboutir à un traité de paix plus large. Téhéran s’était engagé à démanteler les mines dans le détroit d’Ormuz et à garantir la libre circulation des navires, tandis que Washington promettait de lever son blocus naval, de suspendre les sanctions et d’autoriser les exportations de pétrole iranien. Pourtant, malgré un calme relatif initial, les tensions ont repris de plus belle ce week-end, avec des échanges de tirs entre les deux pays.
Pezeshkian mise sur la diplomatie, mais l’IRGC freine le processus
Masoud Pezeshkian, connu pour son plaidoyer en faveur d’une résolution négociée du conflit, a réitéré mardi sa volonté de revenir à l’accord si les États-Unis s’y conforment. « Si Washington respecte ses engagements dans le mémorandum d’entente, l’Iran réagira immédiatement », a-t-il déclaré lors du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) au Kirghizistan. Son ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a adopté le même ton, exigeant le respect des termes de l’accord-cadre pour « sortir de cette situation ».
Cependant, cette posture conciliante se heurte à la ligne dure des Gardiens de la révolution islamique (IRGC), qui poussent pour des concessions majeures de la part des États-Unis : un contrôle iranien sur le détroit d’Ormuz et des compensations financières pour la guerre. Des revendications jugées inacceptables par Washington, risquant de bloquer toute avancée diplomatique.
Des déclarations de paix accompagnées de menaces militaires
Alors que Pezeshkian affirmait que l’Iran ne cherche pas la guerre et se targuait d’un « bilan remarquable » en matière de respect des traités internationaux, les tensions militaires ont connu une escalade ces dernières heures. Lundi, les forces américaines ont ciblé deux lanceurs iraniens sur l’île de Larak, proche du détroit d’Ormuz. En réponse, le président iranien a averti que Téhéran ne « restera jamais silencieux » face à toute agression et promet une « réponse ferme ».
Un équilibre précaire entre dialogue et confrontation
Ces déclarations interviennent dans un contexte où les deux camps oscillent entre volonté de dialogue et démonstrations de force. Si l’Iran mise sur une reprise des négociations pour éviter une escalade, la pression des factions radicales au sein du régime pourrait compliquer les efforts de Pezeshkian. De son côté, Washington devra évaluer si les garanties iraniennes suffisent à justifier un assouplissement des sanctions, dans un dossier où la méfiance reste profonde des deux côtés.