Téhéran franchit une nouvelle ligne rouge en menaçant directement les pays qui soutiennent les sanctions américaines contre l’Iran, transformant un conflit régional en bras de fer économique aux répercussions mondiales. Le régime iranien, par la voix de Mohsen Rezaï, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, a prévenu que toute participation à la « guerre économique » des États-Unis fera de ces États des « ennemis » du pays. Une déclaration qui intervient alors que Washington intensifie sa pression sur Téhéran, tandis que certains partenaires commerciaux de l’Iran, comme les Émirats arabes unis, commencent à céder sous la pression.
Une menace explicite : « Ne vous joignez pas à la guerre économique »
Mohsen Rezaï a lancé un avertissement sans ambiguïté lors d’une allocution télévisée : « Nous déclarons à tous les pays autour de nous et du monde : ne vous joignez pas à la guerre économique menée par les États-Unis. » Selon lui, l’Iran n’hésitera pas à « porter atteinte » aux intérêts des nations qui refuseraient de prendre leurs distances avec Washington. Cette rhétorique, bien que ciblant principalement les États-Unis, étend désormais le champ de confrontation à leurs alliés, risquant d’élargir le conflit bien au-delà des frontières du Moyen-Orient.
Les États-Unis et l’Iran s’affrontent sur le terrain des sanctions
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a récemment promis que les nouvelles sanctions américaines feraient « s’effondrer le régime » iranien. Une déclaration qui a poussé Téhéran à riposter en brandissant la menace d’une contre-offensive économique. Rezaï a précisé que l’Iran, jusqu’à présent, n’a ciblé que des bases militaires, mais que si les sanctions économiques s’intensifient, « les entreprises pétrolières et économiques américaines en Iran et ailleurs » pourraient devenir des cibles. Une escalade qui rappelle les tensions des années 2010, lorsque les sanctions internationales avaient plongé l’économie iranienne dans une crise profonde.
Les partenaires de l’Iran face à un dilemme : la Chine et les Émirats sous pression
La Chine, principal partenaire commercial de l’Iran, a déjà réagi en critiquant les sanctions américaines, estimant qu’elles ne résoudront pas le conflit. Pékin, qui importe massivement du pétrole iranien, pourrait être tenté de contourner les restrictions, mais une confrontation directe avec Washington pourrait avoir des conséquences économiques lourdes. De son côté, les Émirats arabes unis ont annoncé la suspension immédiate de tous leurs échanges commerciaux et transactions financières avec l’Iran, une décision qui illustre la difficulté pour les pays de la région à maintenir un équilibre entre leurs intérêts économiques et les pressions géopolitiques.
Un séisme économique en perspective ?
Rezaï a mis en garde : si Donald Trump « mène une action » contre l’Iran, la confrontation prendra une dimension « sismique ». Cette rhétorique, bien que théâtrale, reflète l’inquiétude iranienne face à l’escalade des sanctions et à l’isolement croissant du pays. Alors que Washington prépare une nouvelle série de mesures pour « augmenter la pression » sur Téhéran, la question reste entière : les partenaires de l’Iran parviendront-ils à résister aux pressions américaines, ou l’économie iranienne, déjà fragilisée, plongera-t-elle dans une nouvelle crise ?