L'Iran intensifie sa répression judiciaire avec 59 exécutions de dissidents en cinq mois

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 42 lectures
L'Iran intensifie sa répression judiciaire avec 59 exécutions de dissidents en cinq mois

Les autorités iraniennes ont procédé à l'exécution de 59 personnes entre le 18 mars et la fin du mois d'août 2026, selon un rapport conjoint de Human Rights Watch et du Centre Abdorrahman Boroumand. Cette vague de mises à mort, qui inclut des manifestants arrêtés lors des mouvements de contestation de 2025 et 2026, souligne une dégradation préoccupante des libertés publiques et de l'État de droit dans le pays.

Une accélération des sentences capitales

Le bilan des exécutions en Iran a atteint des niveaux inédits depuis la fin des années 1980. En 2025, le Centre Boroumand a recensé au moins 2 113 exécutions, une tendance qui se confirme en 2026. Parmi les 59 victimes recensées au cours des cinq derniers mois, 29 étaient directement liées aux récentes manifestations de décembre 2025 et janvier 2026. La pratique des exécutions publiques a également repris, une stratégie visant, selon les observateurs, à instaurer un climat de terreur au sein de la population.

Des procédures judiciaires contestées

Les organisations de défense des droits humains dénoncent des procès expéditifs et des condamnations fondées sur des aveux obtenus sous la torture. Le délai entre l'arrestation et l'exécution est parfois extrêmement court : le cas du jeune lutteur Saleh Mohammadi, exécuté seulement cinq semaines après son interpellation, illustre cette célérité judiciaire. Dans 16 des 29 dossiers analysés, les condamnés n'étaient accusés d'aucun homicide, mais de faits tels que des dégradations de biens publics ou des jets de pierres.

Un arsenal législatif répressif

La répression s'appuie sur des qualifications juridiques vagues liées à la sûreté nationale. Une loi adoptée en 2025, visant à punir les collaborateurs présumés d'États hostiles, est régulièrement utilisée pour justifier la peine capitale. Face à cette situation, les ONG appellent la communauté internationale à une action coordonnée, suggérant notamment le recours au principe de compétence universelle pour poursuivre les responsables de ces violations graves des droits humains, incluant les disparitions forcées et les actes de torture.

Une menace persistante pour les manifestants

Le risque d'exécution demeure élevé pour de nombreux détenus. Selon les estimations d'Amnesty International et d'Iran Human Rights, des dizaines de personnes, dont des mineurs au moment des faits, sont sous le coup d'une condamnation à mort imminente. La situation est particulièrement critique dans certains centres de détention, comme la prison d'Ispahan, où plus de 70 manifestants attendent une issue judiciaire incertaine.

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