Une nouvelle salve de violences secoue le Moyen-Orient après que l’Iran a ciblé des bases américaines au Koweït ce jeudi 3 septembre, en représailles aux bombardements américains de ces derniers jours. Téhéran, qui dénonce un « crime de guerre » et promet une « nouvelle stratégie » pour « briser les fondements » de l’ennemi, aggrave une crise déjà explosive, alors que Washington et ses alliés durcissent leur pression militaire et économique.
Une riposte iranienne après des frappes américaines meurtrières
L’Iran a lancé une attaque de missiles et drones contre des intérêts militaires américains au Koweït ce matin, en réponse directe aux deux vagues de bombardements américains menées dimanche et mardi. Ces frappes, selon Washington, visaient des sites iraniens liés aux Gardiens de la Révolution, dont des radars et des systèmes de défense anti-aérienne. Le bilan humain s’alourdit : 19 morts, dont sept militaires et des civils, dont quatre lors d’un mariage dans le district de Sirik (sud-est), où près de 70 personnes ont été blessées.
L’armée américaine a nié toute cible civile, mais Téhéran conteste cette version et dénonce un « crime de guerre ». L’Iran a également revendiqué des attaques similaires contre d’autres alliés des États-Unis dans la région, comme la Jordanie, Bahreïn, l’Irak et les Émirats arabes unis, promettant une escalade « tous azimuts ».
Washington et Téhéran dans une logique d’escalade incontrôlable
Donald Trump a réaffirmé mercredi la détermination des États-Unis à frapper « à tout moment » l’Iran, tandis que Téhéran jure de « briser » l’ennemi américain. Cette rhétorique belliqueuse contraste avec les déclarations récentes de l’administration Trump, qui affirmait vouloir privilégier la pression économique. Pourtant, les sanctions américaines s’intensifient : un nouveau train de mesures secondaires vise les partenaires commerciaux de Téhéran, tandis que les ports iraniens subissent un blocus.
Le ministre américain de l’Énergie, Chris Wright, a évoqué une « pression économique maximale » depuis le Venezuela, où il s’est rendu pour renforcer les alliances contre l’Iran. Pourtant, cette stratégie peine à endiguer les tensions, alors que les combats ont déjà épuisé les stocks de munitions américains, selon l’opposition démocrate – une affirmation contestée par l’administration.
Le détroit d’Ormuz, nouveau théâtre d’une guerre économique et militaire
Stratégique pour le transport d’hydrocarbures, le détroit d’Ormuz est au cœur des tensions. L’Iran, qui le contrôle partiellement depuis le début de la guerre, a accusé les États-Unis d’y avoir miné deux pétroliers, provoquant des incendies. Donald Trump a même suggéré de rebaptiser ce passage en « détroit Trump », avant de tempérer ses propos. Ces incidents rappellent la vulnérabilité des routes maritimes, essentielles pour l’approvisionnement mondial en pétrole.
Israël, bien que toujours engagé aux côtés des États-Unis, reste en retrait militaire depuis avril, malgré la signature d’un cessez-le-feu entre Washington et Téhéran. Le chef de la diplomatie israélienne, Gideon Saar, a prévenu qu’Israël riposterait « avec force » en cas d’attaque iranienne, mais exclut pour l’instant une participation directe au conflit.
Un conflit aux conséquences régionales et globales
Cette escalade survient à quelques semaines des élections de mi-mandat aux États-Unis, où le conflit est très impopulaire et coûteux pour le budget américain. L’administration Trump, sous pression, tente de concilier fermeté militaire et pression économique, mais l’Iran, déterminé à « briser » l’ennemi, semble prêt à pousser plus loin ses représailles. La région, déjà fragilisée par des années de tensions, pourrait voir s’aggraver une crise humanitaire et économique, avec des répercussions sur les prix du carburant et la stabilité des approvisionnements énergétiques.