Téhéran peine à importer suffisamment de carburant pour compenser une production nationale insuffisante, paralysée par le blocus naval imposé par Washington. Cette crise, qui s’ajoute aux pressions économiques croissantes, menace de s’aggraver alors que les tensions avec les États-Unis basculent vers une guerre économique.
Un blocus naval asphyxie l’approvisionnement en carburant
Le vice-président iranien Mohammad Jafar Ghaempanah a confirmé l’incapacité de l’Iran à importer du pétrole malgré ses besoins urgents, en raison du blocus naval américain qui entrave les livraisons. « La production de carburant est insuffisante, et à cause du blocus, nous ne pouvons pas en importer », a-t-il déclaré, selon l’agence IRNA. Cette situation aggrave les difficultés d’un pays déjà confronté à une production locale défaillante, révélant la vulnérabilité d’une économie dépendante des importations malgré ses réserves pétrolières.
Des files d’attente et une économie sous pression
Les Iraniens subissent depuis plusieurs jours des pénuries de carburant, avec des files d’attente interminables devant les stations-service. Ces tensions surviennent alors que la guerre entre l’Iran et les États-Unis se transforme en une confrontation économique, Washington ayant imposé un contre-blocus sur les ports iraniens. Le président iranien a récemment ordonné une révision des quotas de carburant, sans préciser les modalités, signe d’une gestion de crise en cours.
Des subventions inefficaces et un système à bout de souffle
Ghaempanah a critiqué le système de distribution de carburant, largement subventionné et jugé inéquitable. Selon lui, les propriétaires de plusieurs véhicules bénéficient disproportionnellement des subventions, contrairement aux ménages sans voiture. « La distribution du carburant est inéquitable. Ceux qui possèdent plusieurs véhicules profitent des subventions, contrairement à ceux qui n’en ont pas », a-t-il souligné. Cette politique, en place depuis des années, rend toute réforme des prix politiquement explosive, alors que l’Iran détient l’un des carburants les moins chers au monde.
Le détroit d’Ormuz, théâtre d’une guerre économique
Depuis le début du conflit en février, l’Iran a pris le contrôle du détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique. En réponse, les États-Unis ont renforcé leur blocus naval, aggravant l’isolement économique de Téhéran. Cette escalade illustre comment les tensions géopolitiques se transforment en crises économiques, avec des répercussions directes sur la population et les entreprises locales. La situation pourrait encore se dégrader si les négociations échouent ou si de nouvelles sanctions sont imposées.