L’Iran et Oman verrouillent le détroit d’Ormuz aux navires militaires : un accord temporaire qui crispe Washington

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 20 lectures
L’Iran et Oman verrouillent le détroit d’Ormuz aux navires militaires : un accord temporaire qui crispe Washington

Un accord temporaire entre l’Iran et Oman exclut désormais le passage des navires militaires dans le détroit d’Ormuz, une voie stratégique pour le commerce mondial du pétrole et du gaz. Cette décision, annoncée par Téhéran, intervient alors que les tensions avec Washington s’intensifient et que les routes maritimes du Moyen-Orient restent paralysées par près de six mois de conflit.

Un corridor maritime sous contrôle iranien et omanais

L’Iran et Oman ont finalisé un accord provisoire pour réguler le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, excluant explicitement le transit des navires militaires. Selon Kazem Gharibabadi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères, les navires commerciaux à destination du golfe Persique emprunteront désormais les eaux iraniennes, tandis que la sortie sera partagée entre les zones iraniennes et omanaises. Cet arrangement, qualifié de temporaire, doit être remplacé dans les 30 à 60 jours par un dispositif permanent, alors que les deux pays négocient les modalités d’un corridor sécurisé.

Washington rejette l’accord et menace Oman

Les États-Unis, opposés à plusieurs aspects de l’accord, ont fait part de leur désapprobation à Oman. L’administration Trump conteste notamment la gestion conjointe du couloir de sortie par Téhéran et Mascate, un passage crucial pour l’approvisionnement mondial en hydrocarbures. Donald Trump a même menacé de bombarder Oman si le sultanat s’interposait dans les négociations, illustrant la fermeté de Washington face à ce qu’il considère comme une concession dangereuse. Les États-Unis critiquent également le droit pour Oman de percevoir des prélèvements volontaires sur les navires, destinés à financer la sécurité maritime et la protection de l’environnement, jugeant cette mesure insuffisante pour contrer l’influence iranienne.

Le conflit iranien étouffe les routes commerciales et l’économie régionale

Près de six mois après le début des hostilités, le conflit entre l’Iran et ses adversaires a paralysé des routes maritimes essentielles, perturbant le commerce régional et faisant flamber les coûts de l’énergie et des transports. Les répercussions se font sentir jusqu’aux hubs aéroportuaires : l’aéroport international de Dubaï, l’un des plus grands au monde, a enregistré une chute de 31,3 % de sa fréquentation au deuxième trimestre 2026, avec seulement 13 millions de passagers sur la période. Le trafic aérien a chuté de 32,1 % en un an, bien que les responsables de l’aéroport tablent sur un retour rapide à la normale.

Téhéran intensifie sa pression diplomatique et économique

Dans ce contexte, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a appelé l’ONU à condamner les sanctions américaines, qualifiées d’"assaut économique" ciblant délibérément les civils iraniens. Selon lui, les mesures annoncées par le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, privent les Iraniens de denrées alimentaires, de médicaments et d’énergie, aggravant les souffrances de la population. Parallèlement, les déclarations de Donald Trump sur l’état de santé de l’ayatollah Motjaba Khamenei, présenté comme grièvement blessé mais toujours en vie, ajoutent une dimension de guerre psychologique à un conflit déjà explosif.

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