Le gouvernement iranien prépare l'opinion publique à une possible augmentation des prix des carburants, une mesure destinée à soulager les finances de l'État dans un contexte de crise économique sévère. Alors que le pays fait face à de nouvelles sanctions américaines et aux conséquences directes d'un conflit prolongé, le poids des subventions massives sur l'essence devient insoutenable pour les caisses publiques.
Un déséquilibre financier structurel
L'Iran, pourtant riche en ressources pétrolières, subventionne lourdement le carburant pour ses 93 millions d'habitants. Le coût de production pour les raffineries s'élève à 1,3 million de rials par litre, tandis que les prix à la pompe pour les citoyens restent dérisoires, oscillant entre 15 000 et 50 000 rials selon les quotas. Cette disparité, couplée à une consommation quotidienne de 135 millions de litres pour une production plafonnée à 121 millions, creuse un déficit que le gouvernement ne peut plus absorber, d'autant que le rial a atteint un plus bas historique face au dollar.
Les scénarios de réforme à l'étude
Les autorités explorent plusieurs pistes pour réformer ce système. Parmi les options évoquées figurent la limitation des stocks dans les stations-service, l'attribution d'un quota mensuel universel monétisable, ou encore une libéralisation totale des prix. Cette dernière option, bien que proche des coûts de production réels, fait craindre une spirale inflationniste majeure, le coût du transport et de la logistique étant mécaniquement répercuté sur les prix à la consommation finale. Une tentative de projet pilote dans la province de Kerman a été annulée à la dernière minute, illustrant la prudence du pouvoir face au risque de troubles sociaux.
Le spectre de l'instabilité sociale
La question du prix de l'essence est hautement sensible en Iran, ayant par le passé servi de catalyseur à des mouvements de contestation d'ampleur. Avec une inflation globale atteignant 88 % et une hausse des prix alimentaires dépassant 128 % sur un an, la population exprime une vive inquiétude. Si le gouvernement assure vouloir protéger les plus vulnérables en réorientant les revenus issus de la libéralisation des prix, les citoyens, déjà éprouvés par la dépréciation de leurs revenus, redoutent un effet domino sur le coût de la vie quotidienne.