Alors que les États-Unis renforcent leur pression économique sur Téhéran, l’Iran fait face à une crise énergétique aiguë. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a appelé la population à réduire sa consommation d’essence, invoquant la nécessité de limiter l’impact des sanctions américaines et de préserver les réserves nationales.
Un appel à l’économie de carburant face aux sanctions
Dans une allocution télévisée, Mohammad Bagher Ghalibaf a justifié l’appel à la modération dans la consommation d’essence par la volonté de « montrer à l’ennemi américain que les effets de ses mesures coercitives sont réduits au minimum ». L’Iran, bien que producteur majeur de pétrole, peine à importer suffisamment de carburant en raison du blocus naval imposé par Washington. « Si nous consommons correctement notre essence, nous pouvons nous passer des importations », a-t-il déclaré, soulignant que le pays dispose de ressources suffisantes pour couvrir ses besoins internes.
Une économie iranienne sous tension extrême
Depuis le début du conflit avec les États-Unis fin février, Téhéran a verrouillé le détroit d’Ormuz, une route stratégique pour le transport des hydrocarbures mondiaux. En réponse, Washington a intensifié son blocus sur les ports iraniens et annoncé des sanctions secondaires contre les partenaires commerciaux de l’Iran, visant à asphyxier son économie. Ces mesures ont déjà des répercussions concrètes : des files d’attente interminables se forment devant les stations-service, et la production locale d’essence reste insuffisante pour répondre à la demande.
Des mesures sociales pour atténuer la colère populaire
Pour limiter l’impact des sanctions sur la population, le gouvernement iranien a annoncé son intention d’augmenter les subventions alimentaires, notamment pour les ménages les plus vulnérables. Cette décision intervient dans un contexte de tensions sociales croissantes : fin décembre, des manifestations contre la vie chère avaient dégénéré en vastes mouvements de contestation antigouvernementale, réprimés en janvier. Face à cette pression, Téhéran tente de concilier austérité énergétique et soutien aux plus démunis pour éviter une nouvelle crise sociale.