L'Irak ambitionne de doubler sa production pétrolière pour s'affranchir de la dépendance au détroit d'Ormuz

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 27 lectures
L'Irak ambitionne de doubler sa production pétrolière pour s'affranchir de la dépendance au détroit d'Ormuz
Photo par Khaled Akacha sur Pexels

L'Irak, dont l'économie repose à 90 % sur les revenus pétroliers, engage une stratégie ambitieuse pour sécuriser ses exportations face aux instabilités régionales. Le gouvernement irakien vise désormais une production de 8 à 10 millions de barils par jour d'ici six ans, tout en cherchant activement des alternatives logistiques au détroit d'Ormuz.

Une montée en puissance sous contrainte

Le Premier ministre Ali al-Zaïdi a officialisé l'objectif de doubler, voire tripler, la capacité de production actuelle du pays, qui s'établissait à environ quatre millions de barils quotidiens avant le déclenchement du conflit régional en février. Pour soutenir ce projet, Bagdad a sollicité l'OPEP afin d'obtenir une révision à la hausse de ses quotas. Cette volonté d'expansion intervient dans un contexte de pertes économiques sévères, le pays ayant été contraint de suspendre l'activité de nombreux champs pétroliers suite à la saturation des capacités de stockage provoquée par les blocages maritimes.

La recherche d'itinéraires alternatifs

La fermeture récurrente du détroit d'Ormuz, point de passage névralgique pour les exportations irakiennes depuis le port de Bassora, a agi comme un catalyseur pour repenser la logistique nationale. Le gouvernement irakien intensifie désormais les discussions et les investissements pour acheminer son brut via des infrastructures terrestres et portuaires situées en Turquie, en Syrie et en Jordanie. Le port turc de Ceyhan, ainsi que les terminaux de Baniyas et d'Aqaba, sont au cœur de cette stratégie visant à réduire la vulnérabilité du pays face aux tensions géopolitiques qui entravent le trafic maritime dans le Golfe.

Vers une diversification économique à long terme

Si l'augmentation des volumes exportés demeure une priorité immédiate pour stabiliser les finances publiques, Bagdad affiche également une ambition de transformation structurelle. Les autorités irakiennes prévoient de réduire la dépendance du pays à la rente pétrolière, en visant une hausse significative de la part des recettes non pétrolières, qui devraient passer de 10 % à 45 % d'ici 2037. Cette transition représente un enjeu majeur pour la résilience économique du pays face aux chocs extérieurs récurrents.

Une reprise progressive des flux

Après une période de forte contraction, les exportations irakiennes montrent des signes de redressement. En juillet, le pays a exporté environ 49 millions de barils, et les deux premières semaines d'août ont enregistré une moyenne de deux millions de barils par jour. Bien que cette performance marque le niveau le plus élevé depuis le début du conflit, elle souligne la fragilité persistante du système, une part importante de ces volumes transitant encore par le détroit d'Ormuz, dont la sécurité reste un point de vigilance constant pour les autorités irakiennes.

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