Le mouvement séparatiste Indigenous People of Biafra (IPOB) a officiellement appelé les populations du Sud-Est et de certaines zones du Sud-Sud du Nigeria à retirer tout soutien politique au All Progressives Congress (APC), le parti au pouvoir. Cette consigne de boycott intervient dans un climat de vive tension, le groupe dénonçant ce qu'il qualifie de manœuvre délibérée du gouvernement fédéral pour empêcher l'examen en appel de la condamnation de son leader, Nnamdi Kanu.
Huit mois d'attente pour l'examen de l'appel
Nnamdi Kanu, figure centrale du mouvement réclamant l'indépendance du Biafra, a été condamné à la prison à vie pour terrorisme en novembre 2025 par la Haute Cour fédérale d'Abuja. Actuellement incarcéré dans un établissement pénitentiaire de l'État de Sokoto, il a déposé un recours contre sa condamnation en février dernier. Cependant, huit mois après cette procédure, l'audience n'a toujours pas été programmée, une situation que l'IPOB interprète comme une obstruction volontaire de l'appareil d'État.
Accusations d'instrumentalisation de la justice
Par la voix de son porte-parole, Emma Powerful, l'organisation accuse le gouvernement fédéral de paralyser le processus judiciaire en omettant de déposer les mémoires en réponse nécessaires à la tenue de l'audience. Le groupe soutient que si la justice a fait preuve d'une célérité remarquable lors du procès initial ayant conduit à la condamnation, elle fait désormais preuve d'une inertie suspecte. L'IPOB affirme que le pouvoir exécutif utilise le système judiciaire comme un instrument de pression politique, empêchant tout débat contradictoire devant la Cour d'appel.
Appel au boycott et retrait de légitimité
Face à ce blocage, l'IPOB a durci sa position en enjoignant ses sympathisants à rejeter toute forme d'interaction avec l'APC. Les consignes sont claires : boycott des rassemblements, refus des insignes du parti et retrait de toute légitimité communautaire à la formation politique. Pour le mouvement, cette stratégie vise à sanctionner un gouvernement accusé de craindre l'examen judiciaire du dossier Kanu. Cette rupture politique souligne la persistance des fractures entre les aspirations séparatistes du Sud-Est et la gouvernance centrale, tout en illustrant les enjeux de confiance envers les institutions judiciaires nigérianes dans le traitement des dossiers liés à la sécurité nationale.