La participation de l'influenceur Martins Vincent Otse, alias VeryDarkMan, en tant que panéliste lors de la 66e conférence annuelle de l'Association du Barreau Nigérian (NBA) à Port Harcourt, a déclenché un vif débat au sein de la communauté juridique. Cette présence soulève des interrogations sur les critères de sélection des intervenants lors d'événements consacrés à des enjeux régaliens majeurs.
Une remise en question de l'expertise requise
L'avocat émérite Femi Falana, figure du droit nigérian, a publiquement critiqué le choix de la NBA. Selon lui, les sessions dédiées à la sécurité nationale devraient impérativement réunir des experts ayant une expérience avérée dans l'architecture sécuritaire du pays. M. Falana a rappelé que la tradition des conférences du barreau reposait historiquement sur des échanges intellectuels avec des personnalités ayant « payé leurs dettes » dans leur domaine respectif, déplorant ce qu'il qualifie de dérive vers un spectacle plutôt que vers un débat de fond.
Allégations sur la sécurité et réaction policière
Lors de son intervention sur le thème « Hommes armés connus ou inconnus », l'influenceur a formulé des accusations graves à l'encontre des forces de l'ordre. Il a affirmé que certains policiers aux points de contrôle routiers transmettraient des informations sur les voyageurs fortunés à des réseaux de kidnappeurs. Ces déclarations ont provoqué une réaction immédiate de la Police nigériane, qui a rejeté ces allégations, les qualifiant d'infondées et préjudiciables à l'image de l'institution. Les autorités ont mis l'influenceur au défi de fournir des preuves tangibles pour étayer ses propos.
Le débat sur la légitimité des intervenants
L'incident met en lumière une fracture au sein de la profession juridique quant à la nature des invités conviés à s'exprimer sur des sujets de société complexes. Pour Femi Falana, inviter une personnalité sans expertise professionnelle reconnue sur des questions de sécurité équivaut à une perte de crédibilité pour l'institution. Si certains observateurs défendent l'ouverture de la NBA à des voix issues du terrain et des réseaux sociaux, d'autres, à l'instar de M. Falana, estiment que le barreau doit maintenir une exigence de rigueur intellectuelle pour garantir la qualité des recommandations politiques qui découlent de ses travaux.