Une incursion menée par des membres de la Brigade anti-sardinards (BAS) au sein de l'ambassade du Cameroun à Bruxelles ce jeudi 3 septembre 2026 a provoqué une interruption brutale des services diplomatiques. Cet acte, marqué par l'enfarinage du personnel présent, souligne la persistance d'un climat de contestation radicale de la diaspora camerounaise envers les autorités de Yaoundé.
Une action ciblée au cœur de la représentation diplomatique
L'intrusion dans les locaux de la mission diplomatique à Bruxelles s'est soldée par des perturbations directes du fonctionnement administratif. Plusieurs fonctionnaires ont été pris à partie par les activistes, qui ont utilisé de la farine pour marquer leur présence et leur hostilité. Face à cette situation, les responsables de l'ambassade ont dû solliciter l'intervention immédiate des forces de l'ordre belges pour sécuriser les lieux et évacuer les intrus.
Revendications politiques et climat de contestation
Au-delà de l'aspect spectaculaire de l'opération, les membres de la BAS ont formulé des exigences politiques précises. Ils réclament notamment la libération de détenus qu'ils qualifient de prisonniers politiques, citant nommément Jacques Bertrand Mang. Le groupe a également profité de cette action pour réitérer ses appels au départ du président Paul Biya et exiger des éclaircissements sur les circonstances du décès d'une militante, un dossier qui cristallise une partie de la colère des manifestants.
Un contexte de tensions récurrentes en Belgique
Cet incident s'inscrit dans une série d'actions hostiles visant les représentants de l'État camerounais sur le sol belge. Par le passé, des altercations physiques et des épisodes d'enfarinage avaient déjà ciblé des personnalités de haut rang, dont le ministre de la Jeunesse, Monouna Foutsou, ainsi que l'ambassadeur Daniel Evina Abe’e. Ces événements successifs illustrent une dégradation durable des relations entre les autorités camerounaises et une frange active de leur diaspora en Europe, posant des défis croissants en matière de sécurité diplomatique et de gestion des libertés publiques à l'étranger.