L'interopérabilité des portefeuilles mobiles et la libre circulation comme leviers du commerce intra-africain

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 6 lectures
L'interopérabilité des portefeuilles mobiles et la libre circulation comme leviers du commerce intra-africain

L'intégration économique du continent repose sur un double impératif : la fluidification des paiements numériques transfrontaliers et la levée des barrières à la mobilité des personnes. Selon l'Africa Prosperity Network (APN), la mise en œuvre coordonnée de ces réformes pourrait porter la part du commerce intra-africain de 16 % à plus de 25 % d'ici cinq ans.

Le poids économique du mobile money en Afrique

Le potentiel de transformation numérique est considérable. En 2025, l'Afrique subsaharienne a concentré environ 1 400 milliards de dollars de transactions via mobile money, soit les deux tiers du volume mondial. Avec 1,2 milliard de comptes enregistrés sur le continent, l'infrastructure existe, mais elle reste cloisonnée par des marchés fragmentés. Actuellement, plus de 80 % des paiements intra-africains transitent par des banques situées hors du continent, engendrant des coûts de conversion et de transaction estimés à 5,3 milliards de dollars par an.

Vers une interopérabilité des systèmes de paiement

L'objectif est de permettre à un commerçant de régler ses achats dans une devise locale tout en assurant une réception immédiate et sécurisée pour son fournisseur, sans recours aux devises étrangères. Pour y parvenir, les acteurs institutionnels, dont le secrétariat de la ZLECAf et Smart Africa, travaillent à l'élargissement du système PAPSS (Pan-African Payment and Settlement System). L'ambition affichée est d'aboutir à une interopérabilité continentale des portefeuilles mobiles d'ici 2027, soutenue par des cadres réglementaires harmonisés.

L'identité numérique comme socle de confiance

La libre circulation des biens et des personnes nécessite une gestion sécurisée des identités. L'APN soutient le déploiement du Smart Africa Trust Alliance (SATA) et du Smart Africa Data Exchange (SADX), des outils permettant aux États de vérifier les identités de manière sécurisée tout en conservant la souveraineté sur leurs données. Dix-neuf pays ont déjà signé la déclaration SATA, et des phases pilotes ont été lancées au Ghana, au Bénin et au Rwanda. Cette technologie vise à lever les réticences des gouvernements face à l'ouverture des frontières en offrant des garanties sur la traçabilité des voyageurs.

Un agenda politique pour 2027

La dynamique actuelle, portée par les engagements pris lors des sommets de l'Union africaine, témoigne d'une volonté politique croissante. La convergence entre la facilitation des visas et la connectivité financière est au cœur des réflexions pour les prochains Africa Prosperity Dialogues. En combinant identités numériques vérifiables et systèmes de paiement intégrés, le continent cherche à créer un environnement propice aux PME, aux jeunes entrepreneurs et aux femmes commerçantes, transformant ainsi la promesse d'un marché unique en une réalité opérationnelle.

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