Le mois d’août a été marqué par une dégradation notable de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, portée par une recrudescence des affrontements armés. Le Baromètre sécuritaire du Kivu (KST) souligne une dynamique d’expansion territoriale préoccupante de l’AFC-M23, couplée à une persistance de la violence meurtrière des ADF en Ituri.
L'expansion territoriale de l'AFC-M23 au Nord et Sud-Kivu
Le rapport du KST fait état d’une hausse de 27 % des affrontements armés en août, totalisant 118 épisodes contre 93 le mois précédent. Cette recrudescence est directement corrélée à l’offensive de l’AFC-M23, responsable de 56 de ces engagements. Le groupe rebelle a étendu son emprise en prenant le contrôle de 22 nouveaux villages, ciblant prioritairement les territoires de Masisi et de Kalehe. Cette stratégie d'occupation s'accompagne d'un lourd bilan humain, le groupe étant mis en cause dans le décès de 60 civils, souvent exécutés sous des accusations d'espionnage ou d'appartenance à des factions rivales.
La persistance de la menace ADF en Ituri
En Ituri, la situation demeure critique, les ADF conservant leur statut de groupe le plus meurtrier pour les populations civiles. Le KST a documenté 14 attaques distinctes ayant entraîné la mort de 72 personnes et l'enlèvement de 64 autres, principalement dans le territoire de Mambasa. L'absence de reprise des opérations conjointes Shujaa, menées par les FARDC et l'armée ougandaise, semble limiter la capacité de réponse face à cette menace persistante. Parallèlement, le territoire de Djugu a connu une reprise des hostilités entre les forces régulières et la Convention pour la révolution populaire (CRP), marquant la fin d'une période d'accalmie relative.
Le bilan des forces régulières et des incidents sécuritaires
Si le nombre total d'incidents sécuritaires documentés par le KST a légèrement baissé en août, passant à 216 contre 247 en juillet, la violence reste endémique. Le rapport pointe également une augmentation des décès civils attribués aux forces régulières, avec 15 morts recensées en août contre huit en juillet. Ces pertes sont imputées aux dommages collatéraux des combats ainsi qu'à des cas isolés d'homicides commis par des militaires. Cette situation illustre la complexité du théâtre d'opérations où la protection des populations civiles demeure un défi majeur pour les autorités et les forces de sécurité engagées sur le terrain.