La situation sécuritaire dans l'est de la République démocratique du Congo se dégrade avec une pression accrue de la coalition AFC/M23 sur les territoires de Masisi et de Walikale. Malgré la mise en place d'un mécanisme de vérification du cessez-le-feu, les affrontements se poursuivent, provoquant des déplacements massifs de populations civiles déjà fragilisées.
Progression tactique vers Walikale
Dans le Nord-Kivu, l'AFC/M23 déploie une stratégie de pression multidirectionnelle. Après avoir pris le contrôle de localités stratégiques comme Humura et Kazinga dans le groupement Nyamaboko 1er, le mouvement rebelle oriente ses offensives vers les axes Kyumba et Langira. Cette avancée menace directement le territoire de Walikale, zone de refuge pour de nombreuses familles déplacées. Parallèlement, dans le groupement Ufamandu 1er, le contrôle de zones comme Miko et Remeka par les rebelles fait peser une menace sur les accès à Biriko, tandis que des combats intenses se déroulent autour du mont Tchad et de la colline Kasumba.
Contre-offensives et instabilité des fronts
La dynamique sur le terrain ne se résume pas à une progression linéaire des rebelles. Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par les Wazalendo, mènent des contre-offensives pour tenter de déloger l'AFC/M23 de ses positions, notamment à l'est de Walikale-centre. Le contrôle des localités demeure extrêmement instable, avec des renforts rebelles signalés à Ihula et des affrontements persistants sur l'axe Mungazi-Kibua. Cette configuration témoigne d'une guerre d'usure où chaque position est âprement disputée.
L'inefficacité relative du mécanisme de vérification
Plus au sud, dans les hauts plateaux du Sud-Kivu (Fizi, Uvira et Mwenga), les affrontements opposent les FARDC et les Wazalendo à l'AFC/M23 et aux Twirwaneho. Bien que l'armée revendique la reprise de certaines positions, le point stratégique de « Point Zéro » reste sous contrôle adverse. Le déploiement du mécanisme de vérification du cessez-le-feu, dont la première mission a eu lieu le 24 août à Minembwe, n'a pas permis de faire cesser les hostilités. Pour les populations civiles, cette situation se traduit par un cycle de déplacements forcés incessants, les zones d'accueil devenant à leur tour des théâtres de guerre, entraînant notamment la fermeture prolongée des écoles.