La reprise des affrontements entre les rebelles houthis et les forces gouvernementales yéménites a engendré le déplacement forcé de plus de 85 000 personnes depuis début septembre. Face à cette escalade, une partie de la population tente de fuir par la mer, avec plus de 2 000 arrivées enregistrées sur les côtes djiboutiennes.
Une crise interne concentrée sur les zones de combat
La Matrice de suivi des déplacements de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) rapporte que 85 818 personnes ont été contraintes de quitter leur foyer en quelques semaines. La province de Taëz est la plus durement touchée, comptabilisant près de 56 000 déplacés à travers plusieurs districts. Les provinces de Lahj, Al Hodeidah et Aden subissent également des mouvements de population massifs, illustrant l'ampleur de l'instabilité sur la côte ouest et dans le sud du pays. Pour de nombreuses familles, il s'agit d'un déplacement répété, marquant une précarisation accrue après douze années de conflit.
L'accueil des réfugiés sur le littoral djiboutien
Le flux de civils fuyant par la mer a conduit plus de 2 000 Yéménites vers les côtes nord de Djibouti, principalement aux alentours d'Obock. Les autorités djiboutiennes, en coordination avec l'OIM et les agences onusiennes, ont déployé un dispositif d'urgence incluant les forces de sécurité et les services de santé. Les nouveaux arrivants, parmi lesquels se trouvent une majorité de femmes et d'enfants, sont pris en charge sur le site de Markazi où une aide alimentaire et un accès à l'eau sont fournis.
Les défis de l'accès humanitaire
L'intensification des hostilités entrave gravement les opérations de secours. L'impraticabilité de certains axes routiers et les interruptions des réseaux de communication compliquent l'évaluation des besoins réels sur le terrain. L'OIM a lancé un appel pressant aux donateurs pour soutenir les capacités d'accueil de Djibouti et des communautés locales d'Obock. Parallèlement, l'organisation exhorte les parties au conflit à garantir un accès humanitaire sécurisé et sans entrave, rappelant l'impératif de protection des civils et des infrastructures essentielles dans un contexte qui demeure hautement volatile.