L'émergence des intelligences artificielles génératives comme ChatGPT ou Gemini transforme radicalement la manière dont les consommateurs accèdent à l'information. Pour les entreprises, ne pas être citées par ces outils revient à devenir invisibles, imposant une refonte totale des stratégies de présence numérique pour rester compétitives.
La fin du référencement classique
Le SEO traditionnel, centré sur l'optimisation pour les moteurs de recherche, cède la place à une logique de recommandation complexe. Lorsqu'une IA répond à une requête, elle puise ses informations dans un écosystème vaste où les contenus propres à la marque ne représentent qu'une fraction infime, environ 2 %, des sources consultées. Le reste provient de la presse, des avis clients ou des vidéos. Chaque modèle d'IA possède ses propres biais : Google privilégie YouTube, tandis que ChatGPT accorde une importance particulière aux contenus issus de ses partenaires éditoriaux. Cette réalité impose aux entreprises un audit approfondi de leur e-réputation, incluant des contenus parfois anciens qui continuent d'influencer les réponses des algorithmes.
Une approche basée sur les besoins clients
Contrairement aux moteurs de recherche classiques qui fournissent des données sur les mots-clés, les modèles d'IA ne partagent pas les conversations privées des utilisateurs. Pour pallier ce manque, des structures comme Getmint collaborent avec les directions marketing pour simuler des requêtes types basées sur les besoins réels des consommateurs. Cette méthode permet d'anticiper les réponses de l'IA en croisant les données internes des entreprises avec les profils types de clients. L'enjeu est de passer d'une logique de volume à une stratégie ciblée, où une minorité d'efforts bien orientés génère la majorité de la visibilité.
L'internalisation d'un enjeu stratégique
L'adoption de ces nouvelles pratiques de visibilité est portée par de grands groupes tels que L'Oréal, Accor ou BNP, qui considèrent désormais la présence dans l'IA comme un dossier hautement stratégique. Contrairement au SEO classique, souvent délégué à des prestataires externes, les entreprises cherchent ici à internaliser les compétences nécessaires pour piloter leur image. Le modèle économique privilégié est celui du logiciel en licences annuelles, accompagné d'un transfert de savoir-faire pour rendre les équipes autonomes. Cette tendance souligne une prise de conscience : à l'ère de l'IA, la recommandation est devenue un sport d'équipe mobilisant l'ensemble des leviers de communication, de la technique à la gestion de la réputation en ligne.