Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et plusieurs membres de son gouvernement intègrent de plus en plus de références religieuses et bibliques dans leur rhétorique de guerre. Cette stratégie discursive, qui transforme des enjeux géopolitiques complexes en récits moraux ou civilisationnels, soulève des questions majeures sur la nature des opérations militaires en cours et leur perception par la communauté internationale.
Une doctrine sécuritaire imprégnée de références sacrées
Lors d'une conférence à Jérusalem, Benjamin Netanyahu a explicité une évolution de la doctrine sécuritaire israélienne en s'appuyant sur un texte juridique religieux ancien, traduit par l'injonction : « Si quelqu'un vient pour te tuer, lève-toi et tue-le en premier ». Cette approche, qui privilégie l'initiative offensive, rappelle la stratégie adoptée lors du conflit de 1967. Parallèlement, l'usage de figures bibliques comme celle d'Amalek — invoquée par le Premier ministre au début de la guerre à Gaza — a été cité devant la Cour internationale de Justice par l'Afrique du Sud comme un élément potentiel de preuve d'une intention génocidaire.
Déshumanisation et légitimation de l'occupation
Au-delà des références religieuses, le langage employé par les responsables politiques israéliens est régulièrement marqué par une rhétorique déshumanisante. L'ancien ministre de la Défense, Yoav Gallant, avait notamment qualifié les habitants de Gaza de « bêtes humaines » lors de l'instauration du siège complet du territoire. Cette rhétorique accompagne une politique d'expansion territoriale assumée : des membres du gouvernement, dont le ministre des Finances Bezalel Smotrich, justifient l'occupation de la Cisjordanie par un droit biblique sur les terres de « Judée et Samarie ». Cette vision se traduit concrètement par des investissements budgétaires massifs destinés à consolider les colonies, où résident désormais environ 700 000 colons.
Des conséquences sur le terrain et devant la justice
L'influence de ce discours dépasse la sphère politique pour imprégner les actions sur le terrain. Des figures militaires, à l'instar du rabbin et réserviste Avraham Zarbiv, ont été impliquées dans la destruction de quartiers entiers à Gaza et au Liban. La sélection de ce dernier pour participer à une cérémonie nationale officielle a suscité l'indignation d'organisations comme B'Tselem, qui y voit une validation étatique de la destruction systématique. Face à ces développements, des procédures judiciaires internationales sont en cours, notamment devant la Cour pénale internationale, visant à tenir les responsables israéliens pour comptables de ces actes, tandis que des groupes de défense des droits humains réclament des sanctions ciblées contre les dirigeants impliqués dans cette rhétorique belliqueuse.