Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a suscité une vive controverse en convoquant l'histoire antique pour légitimer la stratégie de pression exercée par Washington sur l'Iran. En comparant les tensions actuelles aux guerres médiques entre la Grèce et la Perse, le chef de la diplomatie américaine a provoqué une levée de boucliers à Téhéran, où l'on dénonce une rhétorique anachronique visant à justifier une escalade militaire.
Une lecture historique contestée
Lors d'un discours prononcé à Athènes, Marco Rubio a présenté les États-Unis comme les héritiers directs de la civilisation occidentale, opposant cette dernière à ce qu'il qualifie de « culte de la mort » dirigé par les autorités iraniennes. En évoquant la destruction de l'Acropole par les Perses en 480 av. J.-C., le secrétaire d'État a cherché à dresser un parallèle entre les menaces antiques et les défis sécuritaires contemporains. Cette interprétation a été immédiatement rejetée par le ministère iranien des Affaires étrangères, qui y voit une tentative de masquer une politique de coercition sous un vernis philosophique, tout en omettant délibérément les complexités des conflits historiques, comme les représailles athéniennes contre la capitale perse de Sardes.
La réponse cinglante de Téhéran
La classe politique iranienne a réagi avec fermeté à ce qu'elle perçoit comme une provocation culturelle. Des responsables iraniens, dont le chef de la sécurité Mohsen Rezaei, ont rappelé l'épisode de la capture de l'empereur romain Valérien par les forces perses en 260 apr. J.-C., avertissant que quiconque invoque l'histoire doit être prêt à en subir les répétitions. Au-delà des joutes verbales, cette rhétorique est perçue par de nombreux Iraniens comme une menace existentielle, d'autant que les frappes américaines et israéliennes ont déjà causé des dommages à des sites du patrimoine culturel iranien depuis le début des hostilités en février.
Un enjeu de cohésion occidentale
Selon des analystes en relations internationales, cette offensive rhétorique de Washington dépasse le cadre du conflit bilatéral. L'objectif serait de définir un ennemi commun — l'Iran — pour ressouder les liens entre les États-Unis et leurs alliés européens, alors que des divisions persistent sur d'autres dossiers, notamment la Russie. En désignant Téhéran comme l'antagoniste civilisationnel majeur, l'administration Trump cherche à recentrer l'attention de l'Occident sur le Moyen-Orient, tout en tentant de justifier le maintien d'un blocus naval dans le détroit d'Ormuz, malgré les conséquences économiques mondiales et les critiques croissantes sur l'impact humanitaire de ces sanctions sur la population iranienne.