L'Institute of Economic Affairs (IEA) a officiellement apporté son soutien à une réforme constitutionnelle visant à interdire le cumul des fonctions de député et de ministre au Ghana. Cette prise de position intervient dans un contexte de débat national sur l'équilibre des pouvoirs et l'efficacité du contrôle parlementaire sur l'action gouvernementale.
Un levier pour l'indépendance législative
Pour le think tank économique, le système actuel, qui permet à des parlementaires d'occuper simultanément des postes de ministres, de ministres adjoints ou de ministres régionaux, fragilise la démocratie. L'IEA estime qu'une séparation nette des fonctions est indispensable pour garantir l'indépendance du corps législatif. En supprimant cette double casquette, le Parlement pourrait exercer une surveillance plus rigoureuse et objective sur les décisions de l'exécutif, sans subir les pressions liées à la dépendance hiérarchique envers la présidence.
La position du Comité de révision constitutionnelle
Cette recommandation s'inscrit dans les travaux du Comité de révision constitutionnelle, présidé par le professeur H. Kwasi Prempeh. Mandaté en 2025 par le président John Dramani Mahama pour évaluer les réformes nécessaires à la Constitution de 1992, le comité a préconisé l'incompatibilité entre le siège de député et les fonctions ministérielles. Bien que le gouvernement ait rejeté cette proposition, arguant que le chef de l'État doit conserver la liberté de puiser ses ministres au sein ou en dehors du Parlement, le débat reste au cœur de l'actualité politique.
Le processus de mise en œuvre des réformes
Malgré les réticences de l'exécutif sur ce point précis, le processus de réforme constitutionnelle se poursuit. Le 28 août 2026, le procureur général et ministre de la Justice, Dr Dominic Ayine, a inauguré un comité de 11 membres chargé de traduire les recommandations acceptées en mesures législatives concrètes. Présidé par Marietta Brew Appiah-Oppong, ce comité est désormais responsable de la transformation des propositions du rapport Prempeh en amendements constitutionnels et textes de loi, marquant une étape décisive dans l'évolution institutionnelle du pays.