Le Ghana fait face à un défi structurel majeur : la faiblesse de sa mobilisation des recettes intérieures entrave le financement des infrastructures essentielles et la revalorisation des salaires publics. À l'approche du budget 2027, l'Institute for Fiscal Studies (IFS) appelle à des réformes profondes pour réduire la dépendance à l'endettement et stimuler une croissance nationale durable.
Optimiser la rente des ressources extractives
Le directeur exécutif de l'IFS, le Dr Said Boakye, souligne que le Ghana ne tire pas pleinement profit de ses richesses minières. En comparant la situation ghanéenne à celle du Botswana, l'institut met en lumière l'importance d'une implication accrue de l'État dans le secteur extractif. L'IFS recommande une révision des accords de partage de production afin de garantir que les redevances et dividendes perçus par le pays soient à la hauteur de son potentiel géologique, condition sine qua non pour améliorer un PIB par habitant qui s'établissait à 2 419 dollars en 2024.
Lutter contre les fuites fiscales et la corruption
Au-delà de la gestion des ressources, l'institut pointe du doigt des pertes de revenus significatives causées par l'évasion fiscale, la sous-déclaration des revenus et des pratiques de corruption persistantes. Ces fuites privent l'État de ressources budgétaires cruciales pour le développement. L'IFS insiste sur la nécessité d'assainir les mécanismes de collecte pour renforcer l'intégrité du système fiscal et assurer que chaque levier de revenu soit effectivement capté par le Trésor public.
Réévaluer la politique des exonérations fiscales
L'usage intensif des exonérations fiscales, souvent justifié par la volonté d'attirer les investissements étrangers, est également remis en question. L'IFS avertit que ces mesures, lorsqu'elles sont excessives, érodent dangereusement la base fiscale du pays sans toujours garantir les retombées économiques escomptées. L'organisation préconise un examen rigoureux de ces incitations pour s'assurer qu'elles génèrent un bénéfice réel pour l'économie nationale, permettant ainsi de créer l'espace budgétaire nécessaire aux priorités de développement du pays.