Huit communautés situées dans la zone de gouvernement local de Karim-Lamido, dans l'État de Taraba, font face à une recrudescence d'attaques menées par des groupes armés. Cette situation de terreur, qui entrave la libre circulation des habitants et perturbe les activités agricoles, souligne les défis sécuritaires persistants aux frontières entre les États de Taraba, du Plateau et de Bauchi.
Une emprise territoriale aux conséquences humanitaires
Les localités de Kommodoro, Telejugu, Paskari, Farin-Ruwa, Dinya, Jamaga, Macijin Kirya et Chibi sont directement impactées par ces incursions. Selon des témoignages locaux, les assaillants, qui utiliseraient des zones forestières situées dans l'État voisin du Plateau comme base arrière, multiplient les exactions : pillages de commerces, saisies de récoltes et violences sexuelles. Le climat de peur instauré par ces groupes armés dissuade les populations de solliciter l'aide des autorités, par crainte de représailles mortelles.
Violences ciblées contre les agriculteurs
La situation a connu une dégradation marquée avec des agressions physiques directes contre les travailleurs ruraux. Récemment, deux agriculteurs ont été pris pour cible lors d'incidents distincts près de la frontière entre le Taraba et le Plateau : l'un a été blessé par balle sur le trajet menant à son exploitation, tandis qu'un autre a été agressé à l'arme blanche. Si dix personnes sur les quinze initialement enlevées ont pu recouvrer la liberté, les circonstances de leur libération demeurent floues, aucune information n'ayant été communiquée sur un éventuel versement de rançon.
Réponse institutionnelle et décalage sécuritaire
Face à cette crise, le gouvernement de l'État de Taraba a engagé des mesures de soutien logistique, incluant la mobilisation de chasseurs locaux pour renforcer la surveillance des zones vulnérables. Des démarches de coopération inter-États sont également en cours pour tenter de déloger les groupes armés de leurs refuges forestiers. Toutefois, un décalage persiste entre le terrain et les institutions : à ce jour, les services de police locaux de Karim-Lamido et d'Old Muri indiquent ne pas disposer de rapports officiels confirmant ces incidents, soulignant la difficulté de documenter et de sécuriser ces zones frontalières isolées.